En novembre dernier, Kuoni prenait la décision de fondre les
plates-formes informatiques de ses deux filiales spécialisées dans les
voyages intervilles et ferroviaires, et de confier la responsabilité
des finances de Frantour au directeur de Railtour, Werner Schindler. Un
choix stratégique qui comprenait aussi la suppression de huit postes
chez Frantour et se traduisait pas le départ de Guy Schoenenberger, qui
ne sidentifiait nullement avec la politique agressive de la maison
mère. A lépoque, on prétendait aussi que chaque marque conserverait
ses compétences propres au niveau de la production.
Aujourdhui, le discours change radicalement. Toutes les synergies
doivent être exploitées entre les deux filiales, avec le lot de mesures
impopulaires que cela implique. Frantour perd ainsi près du tiers de
ses effectifs, tous secteurs confondus. Christine Ruph est directement
subordonnée au patron de Railtour, ce qui signifie aussi que la marge
de manuvre de Frantour, quon ladmette ou non, est encore plus faible
que précédemment. Certes, lidentité des deux marques est préservée et
le site de Genève maintenu. Mais, de facto, Railtour montre la voie à
suivre et Frantour exécute. Ainsi en a décidé Kuoni Suisse.
Si Kuoni a réagi, cest que les résultats déjà décevants des deux
dernières années ne se sont pas améliorés du tout chez Frantour. Même
si aucune information nest livrée à ce sujet, nul besoin dêtre grand
clerc pour le supposer.
Le budget établi nest pas atteint et la crise actuelle na guère
amélioré la situation dun segment intervilles déjà malmené chez tous
les TOs. Abondance de biens nuit, et Kuoni aura bien fait de se
souvenir de cet adage lorsquil reprenait Frantour dans le seul but
déviter que la marque sise à Genève passe le camp ennemi, celui
dHotelplan.
En trois ans, Kuoni na (presque) rien entrepris pour faciliter la
tâche de sa filiale genevoise: objectifs financiers très (trop) élevés,
absence de soutien marketing et promotionnel lorsque Frantour a dû
lancer le produit Les sables pour sauver les meubles là où Helvetic
Tours échouait, réunion des secteurs financiers et informatiques chez
Railtour, suppression de postes, changement à la direction et,
aujourdhui, mise à pied de près de vingt collaborateurs.
En fait, Kuoni na fait que racheté un nom parfaitement ancré dans le
marché romand et doit aujourdhui se rendre à lévidence: il navait
nullement besoin des deux marques dans son portefeuille dautant que
les intervilles classiques sont partout en perte de vitesse. Pour
Frantour, la pilule est dure à avaler: lentreprise na plus aucune
liberté de mouvements et doit se mettre à regretter davoir opté à
lépoque pour le bleu de Neue Hard alors que le rouge de Glattbrugg lui
aurait sans doute mieux convenu.

