Contrairement à ce que la presse dominicale a considéré comme un «scoop», le projet de collaboration entre les TGV Lyria et Swiss International Air Lines nest pas sorti dun chapeau de magicien. Les premiers contacts remontent à plusieurs années et avaient été pris par lancienne direction de Lyria, en loccurrence Christian Rossi qui sera dès avril le nouveau chef de limportante région Léman des CFF. Le développement de loffre ferroviaire à grande vitesse et le report sur le rail des trajets en avion dune durée inférieure à deux heures en étaient à lorigine.
Le contrôle toujours plus strict des budgets voyages dans le secteur Corporate ne fait que renforcer lintérêt du projet Swiss/Lyria. Car cest bel et bien la clientèle daffaires que visent en premier lieu les deux entreprises. Loffre en forte augmentation sur les relations ferroviaires vers Paris, lintroduction de nouveaux produits destinés aux voyageurs daffaires et le confort supérieur quoffre le rail en reliant le cur des villes sur des distances finalement courtes, tout parle en faveur de cette future (proche) coopération.
Certes, plusieurs problèmes techniques devront être résolus avant de concrétiser le projet. Pour être réellement attractive, cette collaboration entre Lyria et les TGV devra demblée être étendue au programme de fidélisation Miles & More. Ce qui implique quil sagira de trajets en partage de codes permettant aux voyageurs daccumuler des miles selon une échelle à définir. Et, par voie de conséquence, lactuel accord commercial liant Swiss à Air France entre Genève et Paris serait rapidement caduc.
En accomplissant ce pas, Swiss et Lyria ne feraient finalement quadapter entre la Suisse et la France ce que dautres airlines appliquent depuis belle lurette sur le réseau français à grande vitesse dans le but dalimenter leurs vols au départ de Paris. Mieux, la collaboration entre Lyria et Swiss ouvrirait rapidement la voie à un développement souhaité par tous: la reconnaissance par les CFF dun billet Swiss comme titre de transport pour lacheminement vers les aéroports du pays.
A lépoque pas si lointaine où les horaires aériens mentionnaient les liaisons ferroviaires des CFF vers Berne, Genève ou Zurich, un problème technique avait empêché daller plus loin dans cette collaboration. Le défunt Railticketing souffrait de maladies denfance dont il ne sest dailleurs jamais remis, et de puissants freins politiques actionnés par la mentalité des états-majors de lancienne régie ferroviaire, plus soucieux de préservation de monopole que de rentabilité, avaient interdit daller plus loin. Cette époque est révolue.

