«Amadeus est leader du marché au niveau mondial comme en Suisse» (Edition 2014-13)

Entretien avec Cornel Küng, General Manager Switzerland, en cette année marquant les 20 ans du GDS.

20 ans d’Amadeus Suisse – quelle furent, Cornel Küng, les étapes marquantes de ces deux décennies?

Il y en eut plusieurs, par exemple l’arrivée d’American Express comme premier grand client international ou le déménagement dans nos propres locaux à Zurich. Mais le plus important à mes yeux demeure le fait que nous étions le dernier des quatre GDS de l’époque à entrer sur le marché et que nous avons depuis connu une croissance continue.

Comment les parts de marché des GDS ont-elles évolué durant ces 20 ans?

A nos débuts, Galileo dominait le marché alors que Sabre, qui était déjà présent, détenait à son apogée quelque 20% de parts de marché. En termes
de segments de vols, Amadeus est aujourd’hui le leader du marché, d’un point de vue global comme en Suisse. Certes, l’écart avec Galileo est faible mais le changement au sommet s’est opéré l’année passée.

Le développement de la technologie a été phénoménal en 20 ans. Quelles ont été les principales étapes?

L’avènement d’Internet a naturellement donné lieu à des changements d’importance. Auparavant, nous liv-rions des Hardware, avec un coûteux traitement des données. C’est dépassé, à l’image des applications sur le web qui remplacent disquettes et CD. Le web 2.0 et le web 3.0 placent le consommateur en position de force. Et Big Data offre aujourd’hui une nouvelle dimension aux solutions «Cache», par exemple la recherche libre.

De quelle manière Amadeus a réagi aux changements?

Pour notre maison mère, le virage négocié le plus important fut la décision de se diversifier et d’évoluer d’un pur CRS à un fournisseur complet de prestations IT. Aujourd’hui, nous sommes également leader mondial en termes de prestataire IT pour airlines et nous développons de nouveaux champs d’activités comme Hotel-IT ou Rail-IT.

Dans ces domaines que nous appelons New Business Unit, nous estimons à près de 10 milliards de dollars US les possibilités commerciales globales, principalement dans le segment hôtelier ainsi que dans le «Travel Intelligence», c’est-à-dire dans l’analyse de nos clients et le conseil à leur prodiguer. Ce dernier domaine est encore en gestation. Nous ne proposons plus uniquement de pures transactions de réservations mais considérons le voyage dans sa globalité, de l’Inspiration au Sharing.

Qu’a changé la création de Traveltainment Suisse en 2010?

Avec Traveltainment, nous sommes maintenant en mesure de nous adresser également au marché touristique, soit aux tour-opérateurs, OTAs (Online Travel Agencies) et agences de voyages actives dans le tourisme de loisirs auxquels nous proposons des solutions portant sur la distribution de vacances balnéaires. A côté du moteur de réservation sur Internet et de l’évaluation des hôtels, nos produits phares sont devenus entre-temps nos solutions de dynamic packaging, qui sont utilisées par X-Helvetic Tours, par exemple.

A cela s’ajoute toute une gamme de «goodies» supplémentaires pour agences de voyages comme Social Media Suite. Quel est le degré d’affinité des agences d’ici pour ces produits?

Pour Social Media Suite, le potentiel demeure très faible en Suisse. Il n’existe que quelques agences ou tour-opérateurs actifs sur divers médias sociaux; ce n’est qu’à partir de là que l’on peut pleinement tirer profit de nos produits. En parallèle, nous disposons d’autres «goodies» tels que Offers, Fax, E-mail Plus et Ticket Changer qui, eux, sont très utilisés.

Amadeus s’adresse à des groupes de clients très différents, du Leisure au Commercial en passant par les OTAs et les tour-opérateurs. Quelles tendances observez-vous?

Le canal on-line gagne du terrain dans le marché global des GDS. Les Travel Management Companies, où il s’agit de comptes globaux, sont en léger recul. Aussi étonnant que cela puisse paraî-tre, la somme de segments GDS générés par les petites agences de voyages demeure stable, en dépit du fait que le nombre d’agences fond. Le fait que les agences sont plus actives dans le micro-touroperating et qu’elles réservent les vols via GDS pourrait constituer une explication possible.

Quelles tendances se dégagent parmi les différents produits?

Nous constatons que les gros clients souhaitent toujours plus de solutions sur mesure. Ils voient dans la mise en œuvre de technologies la possibilité
de se différencier sur le marché. Cela concerne, entre autres, le domaine Business Intelligence ainsi que le segment MICE. Les autres tendances sont connues: Big Data, Mobile, User Generated Content, etc.

A propos de User Generated Content: quid du voyage?

Traveltainment compte aujourd’hui plus d’un million de «trusted reviews» qu’il utilise activement pour l’ensemble de ses solutions. Nous comptons déjà les premiers clients pilotes qui utilisent les évaluations pour notre solution AeTM destinée à la clientèle d’entreprise – User Generated Content s’adresse aussi au segment des voyages d’affaires. Des réflexions sont actuellement en cours afin de définir si les «reviews» peuvent s’avérer un besoin pour les voyageurs chez d’autres prestataires.

L’initiative NDC lancée par l’IATA doit aussi constituer un autre défi?

NDC constitue sans doute un thème important mais des aspects essentiels sont encore ouverts – en tout cas tel que se présente aujourd’hui le modèle commercial. Avec les NDC, la demande sera faite directement aux compagnies aériennes en lieu et place des GDS. Mais quelqu’un devra toujours présenter le contenu proposé par les airlines et mettre en place des catégories standards afin d’offrir un outil de comparaison. Tel est le rôle des GDS.

Stefan Jäggi/Dominique Sudan