Amadeus ne convainc pas Swiss (Edition 2008-12)

Pour Rudolf Schumacher, la solution d’une hausse normale des prix n’a aucun sens et ne règle aucun problème.

Interrogé par TRAVEL INSIDE suite à la décision de la Fédération suisse
des agences de voyages (FSAV) de renoncer à la participation de Swiss
et Lufthansa, ainsi qu’au communiqué de Cornel Küng (Amadeus) proposant
de régler le problème par l’application d’une hausse normale des tarifs
de LX/LH, Rudolf Schumacher, Head of Sales and Marketing Suisse de
Swiss, juge regrettable la décision de la FSAV et considère comme
«insensée» la solution proposée par Amadeus. «Cette proposition ne
règle en rien le problème. Encore une fois, les coûts des GDS sont
massivement élevés et ils doivent être réduits de manière significative
et efficace.»

De son côté, la compagnie aérienne a déjà réfléchi à des alternatives
au modèle de distribution de Swiss. «La première alternative serait de
pouvoir réduire les coûts des GDS. Une autre
option serait de ne plus proposer les classes de réservations les plus
basses à la réservation via les GDS. Cette solution serait plus
radicale que le modèle de distribution proposé. Notre objectif est
cependant clair: nous voulons continuer à proposer un Full Content.»

De nombreuses associations ont appelé leurs membres à ne pas signer le
nouveau contrat des Preferred Fares de Swiss et Lufthansa. A l’heure
actuelle, celui-ci n’a pas encore été envoyé en Suisse. «Nous avons
déjà des promesses orales de contrats pour notre nouveau modèle.
Certaines sociétés clientes vont exiger cela de leurs agences de
voyages.»

Pour la FSAV, le problème de cette situation découle d’un certain
amateurisme de la procédure appliquée. Hans-Jörg Leuzinger: «Les
querelles entre Amadeus et Lufthansa montrent bien que le système n’a
pas été réfléchi. C’est une preuve de l’amateurisme avec lequel on est
passé d’une volonté d’économie pure à la réalisation.»

Le discours des compagnies aériennes et celui des GDS ressemble à un
dialogue de sourds: «Les compagnies aériennes parlent de coûts en
hausse des GDS, et les GDS eux-mêmes parlent de coûts baissés. Tous
deux disent se baser sur des données justifiables. Il y a un moment où
je dois demander aux deux parties de montrer ces données, même si les
contrats entre GDS et Airlines comportent des clauses de
confidentialité. Ce que je ne peux pas, c’est mener des discussions
pour des tiers. L’objectif de la FSAV est inchangé: à savoir empêcher
le modèle des Preferred Fares et les surtaxes GDS. Nous ne voulons pas
être abusés pour une question de hausse de tarifs.»