Battre le fer pendant qu’il est chaud (Edition 2009-42)

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Les cinq cantons romands opposés à Kuoni et TUI Suisse semblent tout à
fait sûrs de leur fait: selon les Services de l’emploi interrogés, les
conditions donnant droit à une Réduction d’horaire de travail (RHT) ne
sont tout simplement pas réunies. Alors que Genève et Vaud restent très
évasifs – sans parler de Neuchâtel qui se cache derrière un sacro-saint
secret de fonction –, deux cantons ont le mérite d’argumenter
clairement, Fribourg et le Valais.

Le premier nommé rappelle qu’une entreprise qui en fait la demande
doit, au préalable, justifier d’une baisse de volume de travail pour
prétendre à la RHT. Or, Fribourg estime que le recul du nombre de
dossiers traités par Kuoni ou TUI n’est nullement significatif. Et dans
tous les cas, une baisse du chiffre d’affaires ne justifie pas l’octroi
des indemnités RHT. A Fribourg, on ajoute que la baisse du nombre de
dossiers par rapport à 2008 serait inférieure à dix pour-cent et que
d’autres raisons tendent à expliquer le problème structurel et non
conjoncturel que connaît la branche: Internet et le fait que le client
jette son dévolu sur des offres moins onéreuses. Mais Fribourg nuance
puisqu’il a accordé récemment la RHT à une agence spécialisée dans le
Business Travel. Abondant dans le sens de son homologue fribourgeois,
le responsable valaisan précise de son côté que la RHT est un outil
mieux adapté aux secteurs qui produisent qu’aux entreprises de services.

Où les Services de l’emploi se fourvoient totalement, c’est lorsqu’ils
refusent de parler de problème conjoncturel. Tous les TOs, grands,
moyens et petits, sont concernés par ce phénomène. La crise actuelle
est la plus forte qu’ait jamais traversée la branche des voyages. Même
au lendemain d’un funeste 11 septembre, les effets négatifs avaient été
limités dans la durée. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas puisque
personne ne voit le bout du tunnel, quel que soit le segment de
l’industrie des voyages. Pour tenter de sortir de cette spirale
négative, les TOs ont
déjà pris les mesures qui s’imposent: le personnel sur le départ n’est
pas remplacé, les congés non payés sont de mise partout, les effectifs
sont réduits. Pour attirer le chaland, les prix ont été revus à la
baisse. Et Internet ne s’est nullement substitué cette année à la
distribution classique puisque la plupart des destinations de vacances
enregistre des baisses marquées sur la plupart des marchés émetteurs
alors que les capacités charters ont été constamment adaptées vers le
bas durant la saison.

Il convient de se rendre à l’évidence: Kuoni, TUI et les autres voient
leur volume de travail baisser dangereusement. Si tel n’était pas le
cas, ils n’auraient pas recouru contre la décision romande. Avec des
arguments solides, les deux TOs peuvent sortir de l’impasse actuelle et
faire entendre raison aux cinq services concernés. Car aucun des
cantons visés n’a, à ce jour, prétendu que les deux recours n’ont
aucune chance d’aboutir. Il convient donc battre le fer pendant qu’il
est chaud même s’il serait faux de spéculer déjà sur une issue
positive.