Les cinq cantons romands opposés à Kuoni et TUI Suisse semblent tout à
fait sûrs de leur fait: selon les Services de lemploi interrogés, les
conditions donnant droit à une Réduction dhoraire de travail (RHT) ne
sont tout simplement pas réunies. Alors que Genève et Vaud restent très
évasifs sans parler de Neuchâtel qui se cache derrière un sacro-saint
secret de fonction , deux cantons ont le mérite dargumenter
clairement, Fribourg et le Valais.
Le premier nommé rappelle quune entreprise qui en fait la demande
doit, au préalable, justifier dune baisse de volume de travail pour
prétendre à la RHT. Or, Fribourg estime que le recul du nombre de
dossiers traités par Kuoni ou TUI nest nullement significatif. Et dans
tous les cas, une baisse du chiffre daffaires ne justifie pas loctroi
des indemnités RHT. A Fribourg, on ajoute que la baisse du nombre de
dossiers par rapport à 2008 serait inférieure à dix pour-cent et que
dautres raisons tendent à expliquer le problème structurel et non
conjoncturel que connaît la branche: Internet et le fait que le client
jette son dévolu sur des offres moins onéreuses. Mais Fribourg nuance
puisquil a accordé récemment la RHT à une agence spécialisée dans le
Business Travel. Abondant dans le sens de son homologue fribourgeois,
le responsable valaisan précise de son côté que la RHT est un outil
mieux adapté aux secteurs qui produisent quaux entreprises de services.
Où les Services de lemploi se fourvoient totalement, cest lorsquils
refusent de parler de problème conjoncturel. Tous les TOs, grands,
moyens et petits, sont concernés par ce phénomène. La crise actuelle
est la plus forte quait jamais traversée la branche des voyages. Même
au lendemain dun funeste 11 septembre, les effets négatifs avaient été
limités dans la durée. Aujourdhui, ce nest pas le cas puisque
personne ne voit le bout du tunnel, quel que soit le segment de
lindustrie des voyages. Pour tenter de sortir de cette spirale
négative, les TOs ont
déjà pris les mesures qui simposent: le personnel sur le départ nest
pas remplacé, les congés non payés sont de mise partout, les effectifs
sont réduits. Pour attirer le chaland, les prix ont été revus à la
baisse. Et Internet ne sest nullement substitué cette année à la
distribution classique puisque la plupart des destinations de vacances
enregistre des baisses marquées sur la plupart des marchés émetteurs
alors que les capacités charters ont été constamment adaptées vers le
bas durant la saison.
Il convient de se rendre à lévidence: Kuoni, TUI et les autres voient
leur volume de travail baisser dangereusement. Si tel nétait pas le
cas, ils nauraient pas recouru contre la décision romande. Avec des
arguments solides, les deux TOs peuvent sortir de limpasse actuelle et
faire entendre raison aux cinq services concernés. Car aucun des
cantons visés na, à ce jour, prétendu que les deux recours nont
aucune chance daboutir. Il convient donc battre le fer pendant quil
est chaud même sil serait faux de spéculer déjà sur une issue
positive.

