Comme une obligation de se réinventer chaque jour (Edition 2013-43)

American Express, CWT et l’ONU

Quiconque a touché de près ou de loin au secteur des voyages d’affaires le sait: à l’instar d’une certaine ville du Texas, c’est un univers impitoyable. Le service peut donner satisfaction au client, mais les impératifs économiques dictent les choix de ceux qui décident. Et la valse des (grands) comptes se fait comme une ronde qui se répète de manière cyclique. L’un passant chez l’autre, et vice-versa.

En général, ce genre d’exercice a pour triste conséquence un impact au niveau du personnel. Preuve que le sujet est délicat, presque personne ne commente concrètement la masse salariale concernée. Toujours est-il que si en 2008 American Express avait dû battre la campagne française pour trouver les forces nécessaires à assurer un service fluide à compte comme celui de l’ONU, il ne fait aucun doute que tout le monde ne pourra être conservé, du moins pas en Suisse.

L’autre élément qui semble indissociable du secteur des voyages d’affaires, c’est cette obligation de se réinventer, bien plus que dans le secteur des loisirs. Conséquence directe du modèle économique où l’actionnariat a son mot à dire, les dépenses sont toujours plus passées au crible. Dès lors, il faut être concurrentiel. Pour l’être encore davantage, il faut développer des outils, des services qui viennent faire la différence. Et sur ce point, Carlson Wagonlit Travel a peut-être pris une certaine avance. Les services proposés par la TMC sont étendus et pointus.

Il n’en reste pas moins une inconnue pour l’avenir de la profession, surtout au niveau des agents – les forces vives qui constituent l’essentiel de la qualité de service. En effet, le virage vers les services automatisés est bien plus qu’amorcé. De plus en plus de clients les demandent, notamment pour des raisons de coûts et d’efficacité. Pourquoi perdre du temps à téléphoner à un agent, quand la procédure de réservation peut être effectuée par le voyageur lui-même?

Et dans ce secteur, il sera bien plus difficile de faire la différence vis-à-vis des clients, l’argent étant le moteur principal. Sauf si l’agent lui-même voit sont travail réinventé. Mais ça, seul l’avenir nous le dira.

Cédric Diserens