Contre vents et marées, Berlin reste un «must» (Edition 2009-12)

Dominique Sudan à propos de l’ITB Berlin

Malgré le climat économique pour le moins perturbé – doux euphémisme –,
l’ITB Berlin a été un excellent cru, encore meilleur que 2008. Certes,
le mot «crise» revenait à chaque entretien mais, au final, l’ITB a
parfaitement rempli sa mission et donné à l’industrie mondiale du
tourisme de bonnes raisons de positiver. Les espoirs de reprise
semblent donc réels même si dans certains pays de nombreux producteurs
sont et seront encore fortement déstabilisés pour avoir conclu avec des
prestataires locaux, notamment les hôteliers, des contrats en dollars
que pénalisera fatalement la parité entre l’euro et le billet vert.

Les espoirs sont donc là même si, sur la majorité des pays émetteurs,
on constate le même phénomène: la demande de la clientèle est une
réalité mais la concrétisation se fait attendre. Des réservations
tardives qui sont à l’origine du problème de visibilité à moyen voire
long terme soulevé à Berlin par la plupart des prestataires, quelle que
soit la destination. Des réservations tardives qui illustrent également
de manière univoque l’état d’esprit dans lequel la clientèle est
plongée: à savoir une prudence et une volonté de dépenser, non pas
moins, mais mieux.
Contre vents et marées, Berlin demeure donc un «must». Le fait que le
nombre de visiteurs professionnels soit en hausse cette année témoigne,
si besoin est, cette farouche volonté d’anticiper, d’être pro-actif et
de mettre en avant la qualité première de la branche des voyages: sa
capacité à surmonter les obstacles, mêmes les plus difficiles.

Contrairement à certains exposants qui brillaient par leur absence –
là, il convient de citer Lufthansa qui a tout simplement renoncer à
l’ITB 2009 au risque de déstabiliser un secteur qui n’en a nul besoin
–, la plupart des entreprises présentes à Berlin ont misé cette année
sur un grand professionnalisme et volontairement réduit la voilure pour
ce qui est du volet «Events» – peut-être s’agit-il aussi d’une simple
question de budget… Preuve en est le succès obtenu par ITB Congrès qui
affiche cette année une augmentation de participation de l’ordre de dix
pour-cent. Lorsque les temps sont durs, il convient de sans cesse
remettre l’ouvrage sur le métier afin de procéder aux ajustements
idoines qui séduiront le chaland. Et pour y parvenir, le
professionnalisme l’emporte sur le «socializing», pouvait-on entendre à
Berlin.

Pourtant, malgré la meilleure volonté du monde, on doit se rendre à
l’évidence: les records sont là mais les acteurs présents à l’ITB
semblaient tout simplement impuissants. Des éléments exogènes et non
maîtrisables les empêchent de traduire dans les faits cette volonté
d’oublier la crise que seules les actions tarifaires semblent pour
l’instant atténuer.

Tel est aussi le constat que font toutes les entreprises romandes et
suisses participant activement au grand salon berlinois. Pour elles,
l’ITB est vraiment incontournable
en termes de contacts et d’échanges avec les prestataires locaux mais
l’ambiance n’était pas vraiment positive. Qu’il l’admette ou non, le
secteur est touché. Mais comme il avait su le faire au lendemain du 11
septembre où la baisse des affaires avait été autrement plus forte, il
se relèvera. C’est en tout cas l’espoir qu’a suscité l’ITB 2009.