Malgré le climat économique pour le moins perturbé doux euphémisme ,
lITB Berlin a été un excellent cru, encore meilleur que 2008. Certes,
le mot «crise» revenait à chaque entretien mais, au final, lITB a
parfaitement rempli sa mission et donné à lindustrie mondiale du
tourisme de bonnes raisons de positiver. Les espoirs de reprise
semblent donc réels même si dans certains pays de nombreux producteurs
sont et seront encore fortement déstabilisés pour avoir conclu avec des
prestataires locaux, notamment les hôteliers, des contrats en dollars
que pénalisera fatalement la parité entre leuro et le billet vert.
Les espoirs sont donc là même si, sur la majorité des pays émetteurs,
on constate le même phénomène: la demande de la clientèle est une
réalité mais la concrétisation se fait attendre. Des réservations
tardives qui sont à lorigine du problème de visibilité à moyen voire
long terme soulevé à Berlin par la plupart des prestataires, quelle que
soit la destination. Des réservations tardives qui illustrent également
de manière univoque létat desprit dans lequel la clientèle est
plongée: à savoir une prudence et une volonté de dépenser, non pas
moins, mais mieux.
Contre vents et marées, Berlin demeure donc un «must». Le fait que le
nombre de visiteurs professionnels soit en hausse cette année témoigne,
si besoin est, cette farouche volonté danticiper, dêtre pro-actif et
de mettre en avant la qualité première de la branche des voyages: sa
capacité à surmonter les obstacles, mêmes les plus difficiles.
Contrairement à certains exposants qui brillaient par leur absence
là, il convient de citer Lufthansa qui a tout simplement renoncer à
lITB 2009 au risque de déstabiliser un secteur qui nen a nul besoin
, la plupart des entreprises présentes à Berlin ont misé cette année
sur un grand professionnalisme et volontairement réduit la voilure pour
ce qui est du volet «Events» peut-être sagit-il aussi dune simple
question de budget
Preuve en est le succès obtenu par ITB Congrès qui
affiche cette année une augmentation de participation de lordre de dix
pour-cent. Lorsque les temps sont durs, il convient de sans cesse
remettre louvrage sur le métier afin de procéder aux ajustements
idoines qui séduiront le chaland. Et pour y parvenir, le
professionnalisme lemporte sur le «socializing», pouvait-on entendre à
Berlin.
Pourtant, malgré la meilleure volonté du monde, on doit se rendre à
lévidence: les records sont là mais les acteurs présents à lITB
semblaient tout simplement impuissants. Des éléments exogènes et non
maîtrisables les empêchent de traduire dans les faits cette volonté
doublier la crise que seules les actions tarifaires semblent pour
linstant atténuer.
Tel est aussi le constat que font toutes les entreprises romandes et
suisses participant activement au grand salon berlinois. Pour elles,
lITB est vraiment incontournable
en termes de contacts et déchanges avec les prestataires locaux mais
lambiance nétait pas vraiment positive. Quil ladmette ou non, le
secteur est touché. Mais comme il avait su le faire au lendemain du 11
septembre où la baisse des affaires avait été autrement plus forte, il
se relèvera. Cest en tout cas lespoir qua suscité lITB 2009.

