Coup de gueule sur fond de malaise (Edition 2013-41)

Bisbille entre Discovery et Travelhouse

La réaction de Dominique Evéquoz ressemble à s’y méprendre à un coup de gueule ponctuel. Un cas précis, une réaction spontanée et un e-mail qui part. Pourtant, derrière ce cas qui est pratiquement réglé en un rien de temps, on devine le malaise qui règne dans la branche des voyages. La confiance envers les grands appartient désormais bel et bien au passé.

C’est un fait: court-circuiter les agents de voyages sur un produit tel que celui qu’ambitionne être celui des marques de Travelhouse – à savoir un produit confectionné sur mesure – reviendrait purement et simplement à se tirer une balle dans le pied. Les agences de voyages, et pas uniquement celles qui appartiennent au réseau d’Hotelplan, ont un rôle essentiel à jouer. Car sur ce terrain précis, nombreux sont les prestataires. Hotelplan Suisse le reconnaît d’ailleurs sans hésiter: les agents de voyages sont les ambassadeurs de tels produits. De plus, de par leur nature, ce sont des voyages qui sont difficiles à vendre sur Internet en version B2C. La clientèle visée dispose en principe d’un budget plus élevé que la moyenne. Elle ne va donc vraisemblablement pas se contenter d’un produit «tout fait». Et la technique nécessaire pour qu’un outil efficace soit mis en ligne coûte horriblement cher.

Dans le cas présent, la réaction de Dominique Evéquoz montre cependant une forme de lassitude. Manque de concertation – très souvent les distributeurs se retrouvent devant le fait accompli –, erreurs «diplomatiques» – qui ne sont pas sans rappeler la maladresse de certaines compagnies aériennes qui «oubliaient» de mentionner les agences dans leur communication. Et ces erreurs relèvent bien souvent plus de la maladresse que d’une volonté affirmée de nuire.

Hotelplan a ici fait son mea culpa, reconnaissant que certains aspects avaient été sous-estimés. Mais ce qui semble également ressortir, c’est que même si le TO dispose de ses propres agences, il ne semble pour autant conscient de la réalité des indépendants. Lorsqu’un client passe d’une agence Hotelplan à une autre, le chiffre reste chez Hotelplan. Mais lorsque ce même client passe d’une agence X à une agence Y, la première perd purement et simplement une vente.

Cédric Diserens