David contre Goliath, le retour (Edition 2011-29)

Dominique Sudan à propos du Travel Agent’s Handbook

Autant convient-il d’appréhender la deuxième version de l’enquête de l’AVP sous un angle positif et constructif, autant faut-il considérer l’idée de renégocier dans les plus brefs délais le fameux Travel Agent’s Handbook de l’IATA (ou Manuel de l’agent de voyages) comme un signe de ras-le-bol complet. 

Pour les agences de voyages agréées IATA, cette institution n’est plus qu’un bureau d’encaissement multipliant en parallèle les résolutions contraignantes et ne joue plus depuis longtemps le rôle de trait d’union qui était le sien lorsqu’elle contrôlait les relations entre fournisseurs et distributeurs. 

Dans le contexte élargi du sondage AVP, le Travel Agent’s Handbook est dans le collimateur des agences de voyages, qui le jugent aujourd’hui aussi utile qu’un ancien bottin de téléphone. Depuis longtemps, certains montent au front et tirent à -boulets rouges sur ce document obsolète sans utilité aucune. Là, force est de reconnaître que les agences n’ont que faire de ce manuel uniquement actualisé sur sa page de garde. 

Pour le reste, elles subissent toutes autant qu’elles sont les diktats des airlines, en particuliers les compagnies aériennes étrangères qui font très souvent peu de cas de la réalité locale.

Les moyens de télécommunication d’aujourd’hui permettraient aux agences d’arriver rapidement à leurs fins, pour autant que toutes tirent à la même corde. Car pour faire plier un organisme comme l’IATA, seule l’union fera la force. Au niveau national, l’idée est d’ores et déjà lancée. Mieux, elle devrait être débattue en septembre lors d’une rencontre qui réunira les fédérations suisse, allemande et autrichienne d’agents de voyages. 

Réunis, les trois pays représentent tout de même un sacré morceau en termes de volume BSP. Rallier ensuite à leur cause le SNAV français ou d’autres groupement nationaux devrait n’être qu’une formalité pour autant que l’on active ensemble le même processus, sous le toit de l’ECTAA, qui apportera une bénédiction européenne et continentale à une initiative lancée dans la cité de Calvin.

De loin, le combat paraît inégal, l’IATA ne semblant guère disposée à faire passer sous le joug des agences son propre fonds de commerce, à savoir les compagnies aériennes. Mais cette fois-ci, la menace ne devrait pas rester lettre morte. Tout simplement en raison du fait que les agences, quelle que soient leur taille, ne peuvent plus adapter dans leur quotidien les multiples directives unilatérales de cinquante compagnies aériennes on-line et accepter qu’un manuel officiel ne serve même pas à les prémunir de certains abus d’autorité.