Réunir la Belgique, le Luxembourg, la France, le Québec et la Suisse romande des voyages au sein dune même association, tel est lobjectif pour le moins ambitieux de la Fédération internationale des associations dagences de voyages francophones (FIAAVF). Autant parler de véritable gageure.
Sans aborder la structure actuelle de la France où la consolidation nest de loin pas aboutie, le seul exemple de la Suisse suffit à démontrer quun tel projet est tout simplement mission impossible: les différences structurelles du marché helvétique sont déjà si nombreuses quelles constituent souvent des freins au développement de relations commerciales et de réels sujets de mésentente. Jouer la carte de la francophonie, comme le Sommet éponyme qui fait tendrement sourire, est tout simplement impossible dans les voyages. A lexception de la France, les quatre autres marchés visés par ce projet sont tous minoritaires et si disparates quune Fédération francophone reviendrait, au contraire, à reconstruire la tour de Babel.
La structure suisse, chacun la connaît: de grosses entreprises basées en Suisse alémanique contrôlent lessentiel de la production et de la distribution. Quel que soit leur portefeuille de marques spécialisées, ces firmes dominent le marché, y compris celles du groupe TTS et de son propre réseau dagences. Si elle se distingue par un nombre plus élevé de TOs et dagences indépendantes, la Suisse romande vit avec cet état de fait. Et contrairement au marché alémanique où les discounters allemands sont des acteurs toujours plus actifs, la clientèle romande neffectue pas ou alors très peu demplettes outre-frontière et achète suisse. Les problèmes et le quotidien des agences de voyages romandes, quelles soient membres ou non de lassociation TPA approchée par la FIAAVF, nont donc aucun point commun avec ceux des agences françaises, belges ou québécoises. Aussi francophones soient-ils, les points de vente romands sont soumis aux directives émanant de Zurich, en termes de Tour Operating comme au niveau aérien.
Du rêve à la réalité, il y a un monde. Malheureusement pour elle, la FIAAVF ne réussira pas là où un Sommet de la Francophonie ne fait que brasser de lair (et des subventions) pour se donner bonne conscience.
Dominique Sudan

