«ESTA», sésame pour les USA (Edition 2008-38)

Les questions sur la plus récente procédure d’entrée aux USA s’entassent dans les agences de voyages. «ESTA» en fournit la clef.

Le 12 janvier 2009, on y sera: à partir de cette date, les citoyens des
27 Etats du «Visa Waiver» – il s’agit des Etats qui ne sont pas soumis
à l’obligation d’un visa pour de brefs séjours jusqu’à trois mois, dont
la Suisse – devront procéder à un enregistrement en ligne jusqu’à
72 heures avant le départ au moins. Cela peut déjà se faire maintenant
et de manière facultative via le site Internet https://esta.cbp.
dhs.gov. D’après le président de Visit USA, Werner Wiedmer, ce site
Internet est déjà beaucoup utilisé par des Suisses.

L’«Electronic System of Travel Authorization», ou ESTA, exige
exactement les mêmes données que l’on devait remplir jusqu’ici pendant
le vol sur le formulaire vert I-94; ce qui veut dire qu’il ne sera pas
exigé de  fournir des données supplémentaires. Remplir l’ESTA est
gratuit et l’autorisation reste valable deux ans.

Après présentation de la demande, le requérant est informé
automatiquement et la plupart du temps en l’espace de quelques minutes
seulement, si une entrée sans visa est possible. Sur le plan juridique,
l’ESTA n’équivaut pas à un visa, contrairement à l’ETA (Electronic
Travel Authorization) australien. Cela signifie qu’au lieu d’entrée aux
USA (aéroport ou port), un fonctionnaire procède toujours à des
contrôles et qu’il peut éventuellement refuser l’entrée – ce qui n’est
bien sûr pas la règle. Cela veut dire aussi que les voyageurs munis
d’un visa va-
lable sans autorisation ESTA peuvent entrer aux USA.

L’enregistrement ESTA ne doit du reste pas être effectué
personnellement. Cela veut dire que l’agence de voyages peut effectuer
l’enregistrement pour le client. On doit à cet effet
s’assurer que le client est citoyen d’un Etat «Visa Waiver», qu’il
entre aux USA pour moins de 90 jours, que ce soit pour affaires ou pour
un voyage privé, qu’il n’a pas déjà rempli un ESTA (on peut le vérifier
en ligne). Les données du passeport du client doivent bien sûr être
fournies. La date exacte du voyage ou le transporteur ne sont en
revanche pas obligatoires.
Pour les USA, la procédure est utile parce que l’on peut, d’une part,
réduire les dépenses administratives liées au traitement de l’I-94.
D’autre part, les indications saisies dans l’ESTA sont adaptées aux
banques de données d’Interpol, du FBI, etc., ce qui doit accroître la
sécurité.

Cela simplifie en outre la reconnaissance des «overstays», à savoir de
ceux qui restent aux USA plus longtemps que les trois mois
autorisés.  Il n’y a pratiquement pas de doutes quant à la
sécurité. Une fenêtre «popup» au début de l’enregistrement indique
seulement que les données peuvent être vues éventuellement par d’autres
autorités des USA. Mais les données ESTA ne peuvent toutefois être
consultées que sur une base «need to know» conformément au drastique US
Privacy Act et ce pour des motifs relevant de la sécurité. Recevront
éventuellement des informations des agents consulaires ainsi que des
compagnies aériennes via le système Apis.

En outre, l’adresse IP, le type de navigateur et les pages consultées
pendant la session sont enregistrés. Le site Internet doit ainsi être
optimisé. Un accès à des données personnelles dans le PC du requérant
n’est toutefois pas accordé, car cela serait illégal. Est également
activé un cookie par session seulement. Les possibilités d’espionnage
sont ainsi exclues. Les données ESTA sont
ensuite archivées; il n’y a en l’occurrence aucune différence par
rapport à la procédure appliquée jusqu’ici avec l’I-94. En juin
dernier, le comité de Visit USA avait déjà élaboré une documentation de
cinq pages qui peut être utilisée par les agences de voyages. En
outre,l’ambas-sade des USA étudie la possibilité d’envoyer les feuilles
d’information ESTA officielles aux agences de
voyages en Suisse.

Jean-Claude Raemy/Dominique Sudan