Etihad Regional renforce l’offre de Genève (Edition 2014-39)

A force de plier, le roseau finit presque toujours par rompre

Qu’on l’apprécie ou non, Etihad Regional est un acteur de plus qui s’est fait sa place dans le ciel helvétique. Le changement de cap opéré depuis l’ancienne
Darwin semble prendre tout son sens aujourd’hui. Les destinations de niche sont délaissées pour se concentrer essentiellement sur celles qui offrent un certain potentiel. Même si à prime abord, une partie d’entre elles sont déjà bien surchargées, à l’instar de Nice, desservie en parallèle par Easyjet et Swiss.

Bien sûr, Etihad Regional pourrait compter sur l’attrait des vols d’Etihad, même si ceux-ci font l’objet d’un billet séparé. Sur Nice, pour reprendre cet exemple, la correspondance fonctionne dans un sens (le vol Nice-Genève arrive à 20h10 et le vol Genève-Abu Dhabi décolle à 21h50), mais pas dans l’autre. L’argument n’est donc pour le moment pas d’actualité. On assiste bel et bien à la mise en place d’un réseau régional. Une tâche courageuse lorsque l’on sait que la concurrence d’Easyjet et de Swiss est déjà très vive.

Dans un tableau comme celui-ci, il est impératif d’être en mesure de s’adapter rapidement et d’être très réactif. Pas question de laisser une ligne fonctionner à perte durant toute une saison avant de la supprimer. Toutefois, si cette manière de procéder est parfaitement compréhensible, voire louable, elle peut également avoir des effets indésirables et néfastes sur le long terme. Ce n’est un secret pour personne: le trafic aérien en Europe nécessite des voyageurs réguliers pour survivre.

Or comment inspirer confiance et attirer ces mêmes voyageurs si les opérations ne font pas l’objet d’une desserte assurée et régulière? Autrement dit, il faudrait trouver l’équilibre entre la flexibilité ou la réactivité et la régularité pour éviter à terme de faire céder la confiance qu’accorde la clientèle. Et en ce moment, c’est tout ce dont n’aurait pas besoin une compagnie en phase de croissance comme Etihad Regional. Aujourd’hui, Genève se trouve plus que jamais au cœur d’une lutte pour le trafic européen. Et pour reprendre la terminologie du monde des casinos: les jeux sont faits, rien ne va plus!

Cédric Diserens