Après vingt-deux ans, Univair Voyages a été contraint de mettre un terme à ses activités, première étape avant dêtre formellement déclaré en faillite. Dans les belles années, le TO genevois était pourtant actif sur plusieurs fronts autres que la seule Tunisie. Mais au fil des ans, la production sest réduite comme peau de chagrin, à limage des effectifs de lentreprise victime il y a deux ans de dissensions internes entre actionnaires de la société BJL.
Ce fiasco illustre parfaitement le risque immense encouru aujourdhui par une PME mettant presque tous ses ufs dans le même panier : la Tunisie, en panne sèche en 2011 et en convalescence aujourdhui, représentait entre 70 et 80 % du volume annuel du TO. Un taux qui frise le monoproduit. Pour relancer la machine tunisienne lannée passée, Univair navait pas les reins assez solides face, par exemple, à un Hotelplan qui multipliait à perte les offres bon marché via ses marques de vente directe. En proie dun côté à dévidents problèmes dactionnariat, Univair a aussi attendu en vain que les belles promesses de partenaires potentiels lui permettent de sortir la tête de leau. Ces hypothétiques investisseurs, au contraire, ont définitivement coulé la société.
Un arrêt brutal qui autorise aussi un retour en arrière. Dans les années fastes et jusquà lhorizon 2000, nombreuses étaient encore les PME capables de se faire une place au soleil dans le moyen comme dans le long-courrier, sans être écrasées par les généralistes. Cette époque est révolue. Les seules à avoir survécu aux multiples secousses telluriques qui ont frappé la branche sont celles qui ont diversifié globalement leur offre sans avoir à perdre de lénergie dans des conflits internes, et celles qui ont évité le risque immense lié à la saisonnalité. Celles qui se heurtent aux grands sur les autoroutes balnéaires toujours plus low cost nont aujourdhui plus guère de chance de salut. Pour survivre, une entreprise, quelle quelle soit, doit également générer un volume décent sur douze mois et non sur un peu plus de six. Là également, la Tunisie na jamais permis de le faire. Le cas dUnivair doit faire réfléchir les nombreux TOs romands ne misant encore que sur un seul cheval en termes de programmation. Du jour au lendemain, tout peut basculer.
Dominique Sudan

