Dans le conflit qui oppose les compagnies aériennes Swiss/Lufthansa et
les agences de voyages, les brokers se retrouvent pris entre deux feux,
sans pouvoir réellement bouger. «Nous serons logés à la même enseigne
que les agences, comme cela devrait être le cas pour tout broker»,
indique Alain De Vincenti, Product Manager du Kuoni Ticket Shop.
Toutefois, la situation va être encore moins confortable pour les
brokers qui ne pourront rien faire. «Dans la mesure où cest lagence
émettrice qui sera facturée par les compagnies concernées, donc LX et
LH, ses frais seront répercutés sur lagence qui a commandé les
billets, indique Patrick Zulauf, Product Manager du Ticketshop de
Tourisme Pour Tous. Peut-être appliquerons-nous des formules où les
frais seront payés, mais aucune commission ne sera versée
rien nest
décidé pour le moment.»
La situation nest néanmoins pas facile pour les brokers. «Kuoni a pris
position et sest formellement opposé au nouveau modèle de distribution
de LX et LH, mais en tant que broker, il nous est difficile de faire
quoi que ce soit. Nous ne devons pourtant pas ignorer les petites
agences car sans elles, le broker nexiste pas», indique Alain De
Vincenti.
Patrick Zulauf: «Nous navons pas la possibilité de faire un blocus ou
dignorer une compagnie. Si un client nous demande un billet sur une
compagnie et que nous ne loffrons pas, alors il ira voir chez un autre
qui le lui fera. Nous ne pouvons nous permettre de réduire notre offre.
De plus, nous pouvons toujours mettre une compagnie en avant, mais cela
nempêche pas les autres de figurer dans loffre.»
Quant à la solution des Preferred Fares distribués via Internet,
personne ne semble y croire. «Je pense quà terme, les agents resteront
chez les brokers. Ils doivent déjà connaître passablement de choses. Ce
nest pas pour rendre la tâche plus difficile en travaillant sur divers
sites Internet en plus dun GDS», ajoute Patrick Zulauf.
Pour Donato Mazza, responsable Marché gris chez Stohl-Air Voyages tout
est encore possible. «Il faut voir ce quil ressortira des discussions
avec les compagnies. Pour le moment, nous ne sommes quau début de la
problématique.»
Cédric Diserens

