Face aux surtaxes GDS, les brokers se disent impuissants (Edition 2008-10)

Les brokers n’échapperont pas aux taxes de distribution planifiées par Swiss et Lufthansa.

Dans le conflit qui oppose les compagnies aériennes Swiss/Lufthansa et
les agences de voyages, les brokers se retrouvent pris entre deux feux,
sans pouvoir réellement bouger. «Nous serons logés à la même enseigne
que les agences, comme cela devrait être le cas pour tout broker»,
indique Alain De Vincenti, Product Manager du Kuoni Ticket Shop.

Toutefois, la situation va être encore moins confortable pour les
brokers qui ne pourront rien faire. «Dans la mesure où c’est l’agence
émettrice qui sera facturée par les compagnies concernées, donc LX et
LH, ses frais seront répercutés sur l’agence qui a commandé les
billets, indique Patrick Zulauf, Product Manager du Ticketshop de
Tourisme Pour Tous. Peut-être appliquerons-nous des formules où les
frais seront payés, mais aucune commission ne sera versée… rien n’est
décidé pour le moment.»

La situation n’est néanmoins pas facile pour les brokers. «Kuoni a pris
position et s’est formellement opposé au nouveau modèle de distribution
de LX et LH, mais en tant que broker, il nous est difficile de faire
quoi que ce soit. Nous ne devons pourtant pas ignorer les petites
agences car sans elles, le broker n’existe pas», indique Alain De
Vincenti.

Patrick Zulauf: «Nous n’avons pas la possibilité de faire un blocus ou
d’ignorer une compagnie. Si un client nous demande un billet sur une
compagnie et que nous ne l’offrons pas, alors il ira voir chez un autre
qui le lui fera. Nous ne pouvons nous permettre de réduire notre offre.
De plus, nous pouvons toujours mettre une compagnie en avant, mais cela
n’empêche pas les autres de figurer dans l’offre.»

Quant à la solution des Preferred Fares distribués via Internet,
personne ne semble y croire. «Je pense qu’à terme, les agents resteront
chez les brokers. Ils doivent déjà connaître passablement de choses. Ce
n’est pas pour rendre la tâche plus difficile en travaillant sur divers
sites Internet en plus d’un GDS», ajoute Patrick Zulauf.

Pour Donato Mazza, responsable Marché gris chez Stohl-Air Voyages tout
est encore possible. «Il faut voir ce qu’il ressortira des discussions
avec les compagnies. Pour le moment, nous ne sommes qu’au début de la
problématique.»

Cédric Diserens