Fausse bonne idée ou vrai retour aux sources? (Edition 2013-47)

Voyages Club par la section genevoise du TCS

Vu de l’extérieur, la stratégie du TCS – tout comme sa structure – a de quoi dérouter. L’entité œuvre au niveau national, mais se compose d’une multitude de sections régionales. Les sections comportent un directeur, et un président qui les représente auprès du siège. Au niveau des voyages, Travelclub (Wunderwelt en Suisse alémanique) s’est développé, avant de passer aux mains de Kuoni, pour finalement se fondre dans les circuits francophones, non sans avoir d’abord cohabité avec ceux-ci, puis les avoir presque remplacés en revenant sous une nouvelle identité visuelle.

A présent, la section genevoise du TCS décide de changer de cap et de récupérer ce qu’elle estime être un potentiel inexploité. Et s’il s’agissait simplement d’un retour aux sources? En Suisse romande, Travelclub a toujours été un produit de niche. Corinne Cayla, ancienne responsable du produit pour TCS et Kuoni, ne s’en n’est jamais cachée. La clientèle visée appartient à une certaine tranche d’âge, est d’un certain niveau culturel et accorde une grande importance au confort de voyage. Et au final, c’est ce qui devrait constituer la fondation de Voyages Club. Un nom qui n’est pas très éloigné de Travelclub.

Mais plutôt que de se focaliser sur une marque, c’est un produit clairement défini qui est en ligne de mire. Conserver un esprit club peut paraître désuet, mais c’est pourtant ce qui permet aujourd’hui de différencier un produit A d’un produit B. Innover dans les voyages ne peut pas se faire en termes de destinations. C’est donc à la réalisation qu’il faut intervenir. A l’inverse d’un Kuoni qui semble miser davantage sur l’image, comme le fait un Starbucks qui vend avant tout «une expérience», Voyages Club dispose d’une liste d’éléments essentiels. Le pari est d’autant plus intéressant qu’il va dans un premier temps s’effectuer avec l’aide de spécialistes confirmés, mais externes au TCS.

A présent, rien ne dit qu’une formule soit plus juste qu’une autre. Voyages Club ne s’adressera probablement qu’à une clientèle de niche. Qui plus est, le TCS expérimentera ses voyages à un niveau régional, sachant qu’un vaste réseau de distribution est à disposition si nécessaire. Après la mondialisation, l’avenir appartiendrait-il à la régionalisation? Pour ce cas précis, réponse dans une année environ.

Cédric Diserens