Frantour préserve l’essentiel (Edition 2009-31)

RG9taW5pcXVlIFN1ZGFuIOAgcHJvcG9zIGRlIEZyYW50b3VyICYgUmFpbHRvdXI=

Ce qui aurait dû être entrepris lors de l’arrivée de Frantour dans le
portefeuille des filiales de Kuoni Suisse l’est désormais: le partage
des compétences de deux marques concurrentes avant d’être
complémentaires. Bien sûr, une trentaine de collaborateurs restent
malheureusement sur le carreau même si un plan social a été activé. Là
aussi, on aurait pu limiter la casse (humaine) en prenant avant les
décisions qui s’imposaient face aux multiples interférences qui
paralysaient les deux marques.

Kuoni, même si son nom n’apparaît jamais, a dû tailler dans le vif. A
Genève, Frantour et Railtour n’occupent désormais qu’une grosse
quarantaine de collaborateurs, dont une demi-douzaine pour le deuxième
nommé.

Dès le 1er août, tout ou presque sera commun aux deux marques: les
finances et le secteur informatique, les réservations, les services à
la clientèle, les transports, les achats et la production répartis dans
deux centres domiciliés aux sièges bernois et genevois des deux
sociétés, les ventes et la communication. Si Frantour et Railtour
restent deux entités juridiques distinctes, elles ne font qu’un ou
presque à partir de maintenant.

En termes de destinations, les responsables de la nouvelle organisation
ont enfin saisi toute l’importance qu’il y a à se concentrer sur les
points forts de chacun. Historiquement, Frantour est orienté vers Paris
et les pays latins alors que Railtour n’a pas de concurrent sur
l’Allemagne et demeure spécialisé sur des produits maison, les trains
et les séjours en Suisse. Il était temps que les deux cessent de se
concurrencer directement sur le même terrain. Et à ce propos, il est
étrange que Kuoni ait mésestimé aussi longtemps le risque évident de
phagocytose que courraient ses deux filiales actives dans les mêmes
domaines. Dans ces conditions, il eût été totalement utopique de penser
que Frantour, dernier arrivé dans la corbeille Kuoni, puisse atteindre
les objectifs élevés établis par la maison-mère.

Avec la nouvelle structure, Frantour préserve l’essentiel, c’est-à-dire
une certaine autonomie. Mais son organisation antérieure vole en éclats
puisque les départements Marketing et Ventes tels qu’on les entendait
il y a encore quelques mois sont, de facto, supprimés. Vers
l’extérieur, les deux marques se positionnent désormais ensemble tant
au niveau régional où Christine Ruph est responsable de la
commercialisation et de l’identité forte des deux marques que dans le
domaine de la distribution, avec deux déléguées de vente défendant les
intérêts de Frantour comme de Railtour.

Mais même si l’essentiel est sauf pour la marque historique créée par
Roger Rouvinez, la marge de manœuvre est restreinte: les secteurs-clés
(finances, IT, quality management, publishing, stratégie) dépendent
désormais du siège de Railtour et d’un nouvel homme fort, Werner
Schindler, principal relais entre la direction de Kuoni et des deux
entreprises plus proches que jamais.