« Beaucoup de bruit pour rien » est le titre dune des nombreuses pièces de William Shakespeare. Non content davoir su léguer au monde une uvre monumentale, le dramaturge aura également laissé des titres qui aujourdhui encore trouvent une résonnance dans le quotidien. Cest le cas précis des « événements » qui ont secoué davantage lactualité médiatique que la Turquie elle-même. Au départ, une simple contestation quant à la destruction dun espace vert.
Aujourdhui, certains médias nhésitent pas à parler dun « Printemps arabe 2.0 ».
La formule est lâchée. Dun mécontentement, on passe à une révolution. Pourtant, il semble que si lon sarrête deux minutes, que lon prend un peu de recul, la description a de quoi surprendre. Certes, il est impossible daccuser les médias de mettre en scène les affrontements entre la police et les manifestants. Mais est-ce que la question dune révolution sest posée lors des récentes émeutes de Paris en mai dernier ? La capitale française a vu des affrontements et des dégâts sur le Trocadéro et sur les Champs-Elysées Pour autant, personne ne sest demandé sil fallait voyager en France ou pas.
Certains se posent les bonnes questions, interrogeant leur agent
de voyages ou leur tour-opérateur pour savoir ce que signifient ces émeutes pour les personnes sur place. Dautres sinquiètent de savoir si la liberté dexpression est respectée. Car jusquà preuve du contraire, aucun touriste na été touché par les émeutes (à moins de se rendre sur le lieu des manifestations, aucun incident sur des sites touristiques na été rapporté). Bien entendu, une amplification du conflit pourrait gêner les voyages si un mouvement de grève venait à être décidé. Mais cela naffecterait en rien la sécurité des voyageurs.
Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a certes mis à jour ses recommandations, mais sans toutefois déconseiller de voyager. La seule indication tombe sous le (bon) sens : éviter les attroupements et les manifestations. Alors certes, dire que lon fait beaucoup de bruit « pour rien » serait excessif, mais il ne faut pas non plus peindre le diable sur la muraille.

