Imitons les garagistes et les enseignants! (Edition 2009-44)

Dominique Sudan à propos du prochain TTW

Que le TTW s’inscrive dans un contexte plus difficile que jamais, nul
ne saurait l’ignorer. La pression exercée depuis des mois par la crise
a déjà eu des effets pervers sur presque tout le secteur des voyages et
rien ne signale pour l’instant un retour à la normale. Il est évident
que le TTW reflétera parfaitement le marasme dans lequel se trouve la
branche. Mais toujours est-il que la plate-forme de Montreux demeure un
passage obligé.

TTW Management n’hésite pas à proposer aux agences de voyages la
fermeture de leur point de vente pour cause de formation continue. Une
idée qui n’a rien de loufoque et qui, en fait, n’est pas nouvelle. Dans
deux autres secteurs d’activités, on a compris depuis longtemps qu’un
salon professionnel et une journée de formation professionnelle offrant
la possibilité de rencontrer une multitude de partenaires sont sacrés.
En dehors des grands réseaux qui sont partie prenante dans l’événement
et obligent leur personnel à se rendre à Genève, la plupart des garages
indépendants de Suisse n’hésitent pas à afficher «fermé» lors du salon
annuel qu’abrite chaque année Palexpo. Cette fidélité absolue est
encore renforcée en période de vaches maigres où la vente de véhicules
est en chute libre, comme ce fut le cas cette année.

Mieux, ces professionnels de l’automobile saisissent cette occasion
annuelle pour faire part de leurs desiderata aux fournisseurs qui,
comme dans les voyages, ont les dents de plus en plus longues. Les
agents de voyages qui voient leur taux de commission se réduire comme
peau de
chagrin chez deux importants prestataires, TUI et MTCH, devraient
s’aspirer de cette attitude: comme lors du Salon de l’Auto, ils
trouveront à Montreux tous les interlocuteurs susceptibles de mieux
saisir la difficulté de leur quotidien. 

En termes de formation continue voire de revendication, l’instruction
publique fournit aussi à la branche des voyages un très bel exemple à
suivre: aucun enseignant n’hésitera un seul instant à renoncer à une
journée d’approfondissement des connaissances ou de revendication pour
les beaux yeux de ses élèves. La branche n’ose pas assez. Elle devrait,
au contraire, expliquer de façon claire à ses clients – ils ne sont pas
vraiment légion par les temps qui courent – que le seul salon annuel
qui lui est destiné se tient à Montreux et exige une participation
active afin d’améliorer ensuite la qualité du conseil et garantir cette
fameuse valeur ajoutée tant demandée. Il ne fait absolument aucun doute
que les clients comprendraient tout à fait la situation, d’autant que
les deux jours du TTW ne constituent pas des pointes en matière de
réservation. Imitons les garagistes et les enseignants! Eux ont compris
le message depuis des lustres.