Il fallait oser. Cest ce que fit pourtant lAVP en élaborant une Charte totalement novatrice définissant une collaboration fair-play entre les compagnies aériennes desservant la Suisse et les agences de voyages. Ce faisant, le groupement genevois, petit par la taille mais puissant par son volume daffaires, sest fait le porte-parole de lensemble des agences du pays.
Le côté novateur de la démarche a, dans un premier temps, freiné certaines airlines qui nignoraient à quelle sauce elles seraient mangées. Or, lAVP insiste bien sur le fait que cette Charte de bonne collaboration ne constitue nullement un diktat mais un vrai document de partenariat. Ce faisant, lAVP prend à contre-pied ces mêmes airlines qui, elles, imposent aux distributeurs de multiples décisions à sens unique nallant pas vraiment dans la direction dun partenariat commercial.
Cette première synthèse mérite dêtre saluée comme une ini-tiative locale de portée nationale. Le document sera soumis à lIATA comme à la FSAV, où le groupe de travail Trafic aérien a actuellement fort à faire avec certains thèmes plus actuels que jamais que la Charte de lAVP aborde on ne peut plus clairement. Car, vues de Houston ou de Singapour, les relations entre délégués de ventes locaux et agents suisses nont sans doute pas la même importance que pour la branche helvétique des voyages.
Cest précisément là que le bât blesse. Souvent, les représentants locaux des compagnies aériennes étrangères comprennent tout à fait les problèmes quotidiens que doivent régler les détaillants mais demeurent impuissants à les régler. Leur marge de manuvre est tout simplement trop restreinte pour permettre cette réactivité à laquelle aspire lAVP en cas de problème. La démarche dont il est ici question se veut à la fois transparente et constructive. Les résultats complets de lenquête, notamment ceux portant sur les ADMs ou la responsabilité financière des airlines, prouvent que problème il y a.
Cette enquête est appelée à devenir annuelle. Sa version 2011 déjà en gestation sera plus large et plus pointue. Ses résultats seront encore plus intéressants puisque, contrairement à cette année, les compagnies aériennes ne pourront plus se cacher derrière lanonymat dune grande alliance mondiale mais seront bel et bien désignées nommément dans lévaluation finale.
Nul doute que cette transparence totale doit déjà secouer un certain nombre dairlines. Ces dernières, qui connaissent désormais la finalité de lenquête, ne devraient pas craindre dêtre mentionnées dans les résultats 2011. Pour elles, cela constituera une manière de se profiler dans la branche.

