Initiative locale de portée nationale! (Edition 2011-01)

Dominique Sudan à propos de la Charte de l’AVP

Il fallait oser. C’est ce que fit pourtant l’AVP en élaborant une Charte totalement novatrice définissant une collaboration fair-play entre les compagnies aériennes desservant la Suisse et les agences de voyages. Ce faisant, le groupement genevois, petit par la taille mais puissant par son volume d’affaires, s’est fait le porte-parole de l’ensemble des agences du pays.

Le côté novateur de la démarche a, dans un premier temps, freiné certaines airlines qui n’ignoraient à quelle sauce elles seraient mangées. Or, l’AVP insiste bien sur le fait que cette Charte de bonne collaboration ne constitue nullement un diktat mais un vrai document de partenariat. Ce faisant, l’AVP prend à contre-pied ces mêmes airlines qui, elles, imposent aux distributeurs de multiples décisions à sens unique n’allant pas vraiment dans la direction d’un partenariat commercial.

Cette première synthèse mérite d’être saluée comme une ini-tiative locale de portée nationale. Le document sera soumis à l’IATA comme à la FSAV, où le groupe de travail Trafic aérien a actuellement fort à faire avec certains thèmes plus actuels que jamais que la Charte de l’AVP aborde on ne peut plus clairement. Car, vues de Houston ou de Singapour, les relations entre délégués de ventes locaux et agents suisses n’ont sans doute pas la même importance que pour la branche helvétique des voyages.

C’est précisément là que le bât blesse. Souvent, les représentants locaux des compagnies aériennes étrangères comprennent tout à fait les problèmes quotidiens que doivent régler les détaillants mais demeurent impuissants à les régler. Leur marge de manœuvre est tout simplement trop restreinte pour permettre cette réactivité à laquelle aspire l’AVP en cas de problème. La démarche dont il est ici question se veut à la fois transparente et constructive. Les résultats complets de l’enquête, notamment ceux portant sur les ADMs ou la responsabilité financière des airlines, prouvent que problème il y a.  

Cette enquête est appelée à devenir annuelle. Sa version 2011 déjà en gestation sera plus large et plus pointue. Ses résultats seront encore plus intéressants puisque, contrairement à cette année, les compagnies aériennes ne pourront plus se cacher derrière l’anonymat d’une grande alliance mondiale mais seront bel et bien désignées nommément dans l’évaluation finale. 

Nul doute que cette transparence totale doit déjà secouer un certain nombre d’airlines. Ces dernières, qui connaissent désormais la finalité de l’enquête, ne devraient pas craindre d’être mentionnées dans les résultats 2011. Pour elles, cela constituera une manière de se profiler dans la branche.