Interruption de la ligne Genève–Milan, point final? (Edition 2008-41)

La récente annonce d’un abandon immédiat des opérations sur la ligne Genève–Milan par Alitalia laisse une place à prendre.

Pourtant, rien ne laisse présager d’un éventuel repreneur. La ligne
semble avoir trop de désavantages, ainsi que l’indiquent Ivan
Haralambof de Swiss et Peter Voets d’EasyJet.

«Ce n’est pas prévu dans nos prochains développements, indique Peter
Voets, Marketing Manager Switzerland, Austria & Eastern Europe
d’EasyJet. Alitalia utilisait ce vol principalement pour le feeding sur
le hub de Milan, mais la ligne n’est pas intéressante, du fait d’une
con-currence trop forte du train. Pour la combattre, il faudrait une
desserte beaucoup trop grande et cela n’est pas compatible avec la
politique d’EasyJet.»

De son côté, s’il admet y avoir songé, Ivan Haralambof est réaliste:
«La région de la Lombardie possède un potentiel intéressant du côté des
hommes d’affaires. Mais le grand problème est que pour les attirer, il
faut disposer d’un réseau intercontinental derrière, ce que Genève
n’offre pas.»

Mais le problème n’est pas uniquement là. «Dans le sens Suisse –
Italie, il faut se rendre compte que le train a pris une très grande
place dans les habitudes des voyageurs. En seulement 4h20, il est
possible d’effectuer Genève–Milan et arriver ainsi au centre-ville. Le
trafic autour des aéroports de Milan ne permet pas un accès aussi
rapide. Il faut aussi ajouter que les voyageurs du canton de Vaud ou du
Valais seront beaucoup plus enclins à prendre le train plutôt que de
venir prendre l’avion sur Genève.»

L’axe Genève–Milan semble donc avoir été remporté par le train. «Seule
une petite compagnie qui disposerait d’un appareil de moins de 100
places et qui voudrait s’établir sur cette ligne pourrait y trouver son
compte. Mais il faut encore pouvoir être présent avec un nombre de
rotations suffisant.»

Pour Baboo, rien n’est prévu dans ce sens en ce moment, comme le
confirme Nilufer Gumus, PR Manager. «Nos avions sont tous programmés
pour l’horaire d’hiver.»   

CD