Jet4you veut consolider Genève (Edition 2008-51)

Le premier vol en provenance de Casablanca sur Genève s’est posé lundi dernier. Pour Karim Bainia, vice-président, ce n’est qu’un premier pas.

Pierre Germain, directeur commercial et financier de l’Aéroport
International de Genève (AIG) a rappelé le rôle de pionnier que la
plate-forme aérienne genevoise a joué il y a dix ans lorsqu’elle a
accueilli Easyjet et son modèle Low Cost. «Aujourd’hui, c’est un
honneur d’accueillir le nouvel acteur marocain qu’est Jet4you. Entre
Genève et le Maroc, ce sont plus de 100000 passagers par année qui
voyagent. Il y a donc de la place pour tout le monde.»

Pour sa part, Karim Bainia, vice-président de la compagnie marocaine,
est très enthousiaste. «Notre venue à Genève est le fruit de
discussions qui ont été menées depuis un an déjà. Cela a demandé du
temps, car nous avions tous deux des exigences élevées et très
précises.» Pourtant, la compagnie a démarré sur les chapeaux de roues.
«Depuis le 15 novembre, soit un mois avant le vol inaugural, nous avons
lancé une campagne marketing et depuis le 1er décembre, un tram
entièrement habillé aux couleurs de notre compagnie circule dans
Genève.»

Jet4you dispose de trois bases opérationnelles: Casablanca, Paris Orly
et Bruxelles Sud Charlerois, notamment grâce à un partenariat avec
Jetairfly, également membre du groupe TUI. «Nous avons été la première
compagnie Low Cost a atterrir à Rabat, capitale du Maroc.»

La jeunesse de la compagnie n’effraie pas ses responsables. «Nous avons
réussi à nous imposer sur bon nombre de marchés. L’ouverture de nos
lignes a toujours eu pour conséquence un effet de stimulation du
marché.» Pour autant, la compagnie n’hésite pas à réagir si des
difficultés se présentent. Ainsi, la voilure a été réduite sur Lyon.
«Durant l’hiver, nous savons que la demande est moindre. Dès lors, nous
savons aussi réagir.»

En 2008, Jet4you compte cinq appareils: «Nous avons actuellement quatre
Boeing 737-400 et deux 737-800. L’objectif sera rapidement d’harmoniser
la flotte en n’ayant plus que des 737-800 modernes.» La compagnie opère
65 rotations hebdomadaires, soit 13 rotations par avion. Outre sa
présence marketing, Jet4you accentue bien entendu sa présence sur
Internet. «Notre site se veut un One-Stop Shop. Nous proposons donc en
plus de nos billets d’avion, la réservation de siège, des assurances,
des voitures ou des hôtels. Nous avons pu développer cette offre grâce
à la participation de TUI.»

En effet, TUI détient aujourd’hui 100% du capital de Jet4you. La
compagnie fait donc partie du portefeuille aérien du groupe TUI qui
compte 6 autres compagnies aériennes (Tuifly, Tuifly Nordic,
Corsairfly, Jetairfly, Thomsonfly, First Choice et Arkefly). «Le
partenariat avec TUI nous permet également d’être distribué via les
agences TUI, au travers d’un site Internet B2B», ajoute
Karim Bainia.

Pour l’avenir, les objectifs sont définis dans les grandes lignes.
«D’ici 2010, nous visons une flotte de dix appareils et 1500000
passagers, soit 100 fois plus qu’à notre lancement en 2006.» Quant à la
plate-forme genevoise, elle n’est pas oubliée. «Nous commençons avec
trois vols par semaines, mais nous souhaiterions dans un futur proche
passer à quatre puis cinq vols, afin d’offrir une desserte de qualité à
notre clientèle.»

Cédric Diserens

Vers le marché ethnique et le tourisme
La compagnie aérienne vise en premier lieu le marché ethnique. «Nous
allons toucher une clientèle qui jusqu’ici peut-être utilisait d’autres
moyens de transport pour se rendre au Maroc. Avec nos prix très
compétitifs, nous sommes en mesure d’attirer bon nombre de marocains de
Suisse, mais aussi de France voisine.»
Mais Jet4you sait que le tourisme sera aussi attiré par les tarifs
d’appels. «Nous sommes tout à fait prêts à travailler avec des
tour-opérateurs et leur ouvrir des contingents. Sur Genève, nous avons
décidé d’assumer les risques à 100%. En revanche, si une demande se
fait sur Zurich, nous étudierons volontiers la question. Toutefois,
notre priorité en Suisse est avant tout de consolider Genève. Dès lors,
une ouverture sur Zurich ne se fera que si des TOs veulent prendre les
risques.»  

CD