Julian Cook passe la main (Edition 2008-12)

A 34 ans et après cinq années à la tête de Flybaboo, Julian Cook cède la place à Jacques Bankir, un homme très expérimenté dans le domaine aérien.

C’était le 2 novembre 2003. Quelques mois plus tôt, le 11 juillet,
Swiss Air Lines annonçait son intention de mettre fin à ses liaisons
entre Genève et Lugano pour la fin du mois d’octobre.
Julian Cook venait de cofonder un an plus tôt, une société de
production musicale, Baboo SA. Mais l’homme, même très jeune, avait
déjà un passé dans l’aérien. En 1995, il est en effet
entré dans le groupe aéronautique de la Chase Manhattan et participe au
financement d’avions. Il travaillera pour Southern Winds, compagnie
régionale en Argentine, et fonde même Newlines Airways au Royaume-Uni
en 2000. Il s’agissait d’un projet transatlantique au départ de
Grande-Bretagne qui n’a pas pu aboutir en raison de la situation
économique et des événements de 2001. Mais il saisit l’opportunité et
se dit que c’est le moment de relever un tout autre défi. Flybaboo SA
est créée le 25 août 2003 et tout le monde le prend pour un «doux
rêveur» qui a beaucoup d’argent à perdre.

Le premier vol sur Lugano aura cependant lieu le 2 novembre, suivi de
Venise le 14 novembre, puis Saint-Tropez, Valencia, Florence, Ibiza…
une quinzaine de destinations aujourd’hui et de nouvelles lignes qui se
profilent pour fin mai: Saint-Pétersbourg (4 fois par semaine à partir
du 27 mai), Kiev (3 fois par semaine à partir du 26 mai, sous réserve
d’approbation des autorités) et Málaga (4 liaisons hebdomadaires,
toujours à partir du 26 mai). Sans oublier l’augmentation des
fréquences sur Nice (3 liaisons quotidiennes dès juin). Notons qu’une
nouvelle identité visuelle sera mise en place dès l’arrivée du premier
jet Embraer 190.

Aujourd’hui, après les augmentations de capital qui ont permis de voir
plus loin et de préparer l’arrivée des prochains jets Embraer 190 (le
premier en mai, le deuxième en juin et deux
autres en 2009), Julian Cook passe la main. «J’ai pris la décision en
janvier, précise-t-il la voix chargée d’émotion. J’ai fait un bout de
chemin de créateur et d’entrepreneur. Nous sommes aujourd’hui près de
150 collaborateurs et la balle est vraiment lancée. J’ai amené
l’esprit, l’image et le positionnement de Flybaboo. Maintenant, il est
important que quelqu’un prenne le relais, un homme disposant d’une
expérience plus importante que la mienne et d’un réseau que je n’ai
pas. J’ai proposé trois noms au conseil d’administration, dont celui de
Jacques Bankir. J’ai tout de suite pensé que c’était l’homme de la
situation et je suis ravi de le voir poursuivre notre aventure. Il
apporte son expérience et sa fibre humaine. Je comprends qu’il y ait ce
côté émotionnel, de ma part comme de celle de l’équipe. Mais c’est la
bonne décision.»

Julian Cook quittera la partie opérationnelle de Flybaboo dans quelques
jours mais conserve la présidence du conseil d’administration. Quant à
François Bouteiller, qui a participé à la fondation de la compagnie, il
demeure responsable des opérations (COO).

Alain Bossu

Peaufiner la montée en charge

Tout sauf un inconnu dans le monde de l’aviation, Jacques Bankir
devient le CEO de Flybaboo dans le cadre d’un contrat de management
avec Avico Aero Consulting dont il est directeur associé.
Il a fait une longue carrière à Air France, en particulier aux postes
de directeur du Transport et directeur du Programme avant de partir
chez AOM comme directeur général adjoint. Il monte ensuite et lance Air
Tahiti Nui puis dirige CityJet dont il mène le redressement et la vente
à Air France avant de prendre la tête de Regional (jusqu’à fin 2005).
Autant dire qu’il connaît aussi parfaitement le milieu de l’aviation
régionale. «Je suis convaincu, précise-t-il, que Flybaboo dispose des
atouts nécessaires, des talents et des équipes pour maintenir sa
dynamique de croissance.» Il sait le capital de sympathie que suscitent
le nom et l’image de la compagnie. «Il faut construire à partir de là
et mettre en place la stratégie des réseaux, c’est-à-dire le programme
ou le yield. Là, il y a du travail. Il nous importe en effet de
peaufiner
la montée en charge puisque nous passerons de deux à cinq appareils,
dont trois jets. C’est un pas énorme pour atteindre notre équilibre en
2009.»
La compagnie genevoise avait envisagé l’idée d’une deuxième base.
«C’est prématuré», tranche déjà Jacques Bankir.   

AB