A la publication des résultats financiers des neuf premiers mois de lexercice en cours, Swiss la indiqué noir sur blanc: la nouvelle structure tarifaire oneway introduite au début septembre pour les destinations européennes desservies au départ de Genève porte déjà ses fruits. Elle se traduit par une nette amélioration du chiffre daffaires, une croissance à deux chiffres du nombre de passagers et une augmentation de dix pour cent du taux doccupation.
Sil convient de relativiser ce dernier chiffre en raison de la réduction de la capacité offerte à Genève, les premières indications donnent raison à Swiss: proposer au marché romand un modèle plus souple et, accessoirement, sattaquer au segment Low Cost avec les mêmes armes quEasyjet (bientôt 60 destinations à Genève ).
Mais la nouvelle base de Genève est toujours en mode «start-up». Son management régional nest au complet que depuis octobre avec larrivée de Lorenzo Stoll, nouveau directeur Suisse romande; la première session de formation pour le personnel navigant na démarré que tout récemment; et, au final, seule la rentabilité de lopération Calvin se traduisant par le modèle oneway sera déterminante. Une rentabilité qui concernera aussi bien les opérations aériennes que les coûts liés au personnel de la base, overhead compris. Si Swiss annonce dici septembre 2014 le
recrutement et la formation de 150 navigants commerciaux, elle confirme aussi le positionnement à Genève de quarante commandants de bord et dautant de co-pilotes. La création de la nouvelle base y est directement liée.
Un premier pas important a été accompli avec laccord conclu il y a dix jours entre Swiss et les deux syndicats Aeropers et IPG, mais rien nindique encore que la fusion des deux corps de pilotes Swiss European et Swiss International passera comme lettre à la poste. Il nest pas du tout certain aujourdhui que les deux entités accepteront les indispensables modifications de la Convention collective de travail (CCT) quimpose lintégration des deux corps de pilotes. Sans cette nouvelle CCT applicable en avril prochain, la base de Genève naura guère de chance de prendre son vrai décollage. Ce sont donc les pilotes qui sont aux commandes du projet, et nullement le modèle oneway.
Dominique Sudan

