La CCT en gestation s’avérera primordiale (Edition 2013-45)

Swiss en mode «start-up» à Genève

A la publication des résultats financiers des neuf premiers mois de l’exercice en cours, Swiss l’a indiqué noir sur blanc: la nouvelle structure tarifaire oneway introduite au début septembre pour les destinations européennes desservies au départ de Genève porte déjà ses fruits. Elle se traduit par une nette amélioration du chiffre d’affaires, une croissance à deux chiffres du nombre de passagers et une augmentation de dix pour cent du taux d’occupation. 

S’il convient de relativiser ce dernier chiffre en raison de la réduction de la capacité offerte à Genève, les premières indications donnent raison à Swiss: proposer au marché romand un modèle plus souple et, accessoirement, s’attaquer au segment Low Cost avec les mêmes armes qu’Easyjet (bientôt 60 destinations à Genève…). 

Mais la nouvelle base de Genève est toujours en mode «start-up». Son management régional n’est au complet que depuis octobre avec l’arrivée de Lorenzo Stoll, nouveau directeur Suisse romande; la première session de formation pour le personnel navigant n’a démarré que tout récemment; et, au final, seule la rentabilité de l’opération Calvin se traduisant par le modèle oneway sera déterminante. Une rentabilité qui concernera aussi bien les opérations aériennes que les coûts liés au personnel de la base, overhead compris. Si Swiss annonce d’ici septembre 2014 le
recrutement et la formation de 150 navigants commerciaux, elle confirme aussi le positionnement à Genève de quarante commandants de bord et d’autant de co-pilotes. La création de la nouvelle base y est directement liée.

Un premier pas important a été accompli avec l’accord conclu il y a dix jours entre Swiss et les deux syndicats Aeropers et IPG, mais rien n’indique encore que la fusion des deux corps de pilotes Swiss European et Swiss International passera comme lettre à la poste. Il n’est pas du tout certain aujourd’hui que les deux entités accepteront les indispensables modifications de la Convention collective de travail (CCT) qu’impose l’intégration des deux corps de pilotes. Sans cette nouvelle CCT applicable en avril prochain, la base de Genève n’aura guère de chance de prendre son vrai décollage. Ce sont donc les pilotes qui sont aux commandes du projet, et nullement le modèle oneway.

Dominique Sudan