Medhi Guenin, porte-parole de Swiss International Air Lines, précise: «En passant de Fuel Surcharge à International Surcharge, il est simplement question dharmoniser un nom vis-à-vis de nos partenaires, à savoir agents de voyages et compagnies aériennes.» La pratique semble effectivement avoir démarré outre-Atlantique, où diverses compagnies ont fait disparaître le terme de «Fuel Surcharge».
Pour Walter Kunz, directeur de la Fédération suisse des agences de voyages (FSAV), ce changement de nom ne devrait avoir aucune conséquence. «Cependant, il ne fait que relancer la polémique sur une taxe qui est opaque. Cet élément devrait être inclus dans le prix. Lors de la baisse du carburant, la surcharge na pas forcément baissé. Ce changement est fait au nom de la transparence, mais il noffre rien de cela.» Walter Kunz précise encore que pour la FSAV, cette taxe devrait être incluse dans le prix de base.
Jacques Lathion, directeur du Lathion Group et président de lassociation APR (Agences Privées Romandes), ne comprend pas la motivation de ce changement. «Sils sont convaincus du bien-fondé de cette taxe et quelle reste une simple surcharge carburant, pourquoi lappeler autrement? Nous allons à nouveau avoir beaucoup dexplications à fournir aux clients.» Michel Ayer, président de TPA, est également courroucé. «Cest peut-être un peu plus vicieux, cela permet de le maintenir ou de ladapter quelle que soit la fluctuation du fuel.»
De son côté, Olivier Emch, membre de lassociation AVP (Agences de Voyages Privées), se dit agacé. «Cette taxe est de plus en plus problématique et difficile à justifier. Les clients ne comprennent pas toujours pourquoi ils voient le prix de lessence baisser, alors quon leur prélève des surcharges de carburant. Cest un sujet qui em-barrasse les compagnies aériennes. La décision de Swiss est une porte ouverte aux critiques.» Il relève encore le manque de transparence qui en découle, contrairement à ce que Swiss revendique.
Outre-Sarine, les réactions sont similaires. Hormis le flou sur le fond de la taxe, certains soulignent également le problème de la forme. Avec cette nouvelle dénomination, la surcharge carburant semble de moins en moins liée au prix du carburant. De plus, la compagnie aérienne augmente le prix du tarif tout en réduisant la part commissionnée. Dautres re-lèvent encore le côté illogique dune taxe faisant partie intégrante dune prestation, mais présentée séparément, ce qui rend la vente encore plus difficile.
Les reproches ne sont pas tant adressés à Swiss, mais plutôt au secteur aérien qui poursuit une politique dopacité. Cette décision semble liée à la publication en février dernier dune recommandation du Department of Transportation (DOT) sur la «Fuel Surcharge». Celle-ci doit en effet «refléter au mieux les coûts actuels du service fourni». Si cela savère facile à réaliser en théorie, il en va autrement dans la pratique. Aussi, certaines compagnies, à linstar de Delta Air Lines, appliquent à présent une «International Surcharge».

