La deuxième vague, une lame de fond? (Edition 2009-51)

Dominique Sudan à propos de Kuoni/TCS

La première phase d’intégration des activités voyages du TCS a été
réalisée selon le programme établi, ce qui était loin d’être une
sinécure. Deux bureaux TCS sur dix sont appelés à fermer à la fin de
l’année, décision qui n’étonnera guère pour qui connaît la proximité
des agences TCS et Kuoni de La Chaux-de-Fonds, seul endroit touché en
Suisse romande.

Par les temps qui courent, il est aussi réjouissant de constater qu’une
très grande partie du personnel des dix agences TCS a suivi le
mouvement. Kuoni, pour fidéliser les membres du Touring Club Suisse et
ne pas se mettre à dos les sections dont certaines sont loin d’être
impuissantes, a de toute manière besoin de ce «bras armé»,
indispensable vecteur local. Car quoi qu’on en dise, Kuoni profitera
d’une vitrine unique, le journal Touring, pour toucher rapidement ces
fameux 1,6 millions de membres dont l’accès direct aux données
personnelles lui est officiellement interdit pour des raisons légales.

La deuxième phase est déjà lancée et comporte une multitude de
questions auxquelles il conviendra de répondre dans les premières
semaines de la nouvelle année. Techniquement, chaque cas sera traité en
fonction de la législation propre à chaque canton. A ce handicap
s’ajoute le fait que certains baux à loyer ont été renouvelés par le
TCS pour une longue durée. Mais au final, c’est bel et bien le profil
des agences TCS et de leur clientèle, leur potentiel de développement
si potentiel il y a, ainsi que leur situation géographique qui
constitueront les facteurs déterminants.

La question des enseignes qui orneront les devantures des agences
maintenues est aussi primordiale. Là, Kuoni ne saurait ignorer que sa
marque bon marché Helvetic Tours a perdu du terrain en Suisse romande
depuis quelques années. On en veut pour preuve le fait d’avoir imposé à
sa filiale Frantour un produit balnéaire contre nature dans le seul but
de mieux remplir Edelweiss à Genève. Mais ça, c’est une autre histoire.

Helvetic pourrait bien s’imposer à Sion et dans l’une des deux agences
de Genève. Quant à la situation qui prévaut à Lausanne, elle est tout
simplement cornélienne. Là, Kuoni tranchera, à coup sûr. Mais dans
l’absolu, il ne serait guerre étonnant que la marque Helvetic gagne
rapidement en visibilité sur le marché romand pour contrer directement
Hotelplan jouant dans la même ligue, pour prévenir aussi l’offensive
annoncée d’acteurs comme FTI, qui ne se déploient pas sans penser à un
rapide gain de parts de marché. En Suisse alémanique, la situation
semble encore plus complexe. Cette deuxième phase d’intégration se
transformerait-t-elle en lame de fond si les affaires ne reprenaient
pas rapidement? Personne ne le souhaite. Kuoni devra de toute façon
résoudre en deux mois une équation à multiples inconnues.