La FSAV doit reprendre le bébé (Edition 2012-27)

Futur de la Charte AVP

En 2010, le groupement genevois AVP réunissant une demi-douzaine de ténors locaux secouait le cocotier: il était à l’origine d’un sondage mené auprès des compagnies aériennes dans le but de définir ensemble une base de collaboration à la fois solide et fair-play, pour le seul bien du client. Début 2011, les résultats de ce premier sondage étaient connus et repris par plusieurs médias grand public. En automne dernier, cette fameuse Charte de bonne collaboration faisait également l’objet du premier congrès Distribution mis sur pied à Genève dans le cadre du TTW nouvelle formule. Depuis, plus rien, alors que les résultats de la deuxième enquête portant sur 2011 sont connus depuis belle lurette à l’interne.

Pleinement associée à la deuxième version de ce sondage, la Fédération suisse des agences de voyages (FSAV) devrait logiquement reprendre le bébé. Car la base de la Charte reste solide même si toutes les compagnies aériennes n’y adhèrent pas. Lorsqu’il porta ce projet sur les fonts baptismaux, le groupement genevois mettait le doigt là où ça fait mal: régler les relations commerciales quotidiennes entre distributeurs et airlines et éviter les diktats de ces dernières qui, presque toujours, pénalisent le client. Cette idée, même si elle émane d’une poignée d’agences de la cité de Calvin, intéresse directement toutes les agences de voyages de Suisse et d’ailleurs, qu’il s’agisse de Business Travel ou de Leisure. Pour cette seule raison, il incombe désormais à la FSAV d’assurer le suivi du dossier, de peaufiner les thèmes abordés dans le sondage 2012 et de décider le bien-fondé de la publication des résultats de la dernière enquête.

C’est sans doute là que le bât risque de blesser: les compagnies aériennes qui ont accepté de participer au sondage 2011 seront citées nommément si publication des résultats il y a. Un grand déballage qui ne parle forcément pas en faveur de la mise en place d’un groupe de travail réunissant des représentants de la FSAV et des compagnies aériennes actives en Suisse. D’autant que la marge de manœuvre de la plupart des représentants locaux des airlines se rétrécit comme peau de chagrin.

Au lieu de reporter leur décision aux calendes grecques, la FSAV et son groupe de travail Trafic aérien doivent prendre les devants: plancher dès maintenant sur le document dont l’AVP est à l’origine, identifier avec les deux parties les points litigieux – certaines airlines n’ont pas caché qu’elles y sont favorables – et atteindre ensuite le but initial, c’est-à-dire cette fameuse Charte de bonne collaboration. Il est encore permis de rêver…

Dominique Sudan