En 2010, le groupement genevois AVP réunissant une demi-douzaine de ténors locaux secouait le cocotier: il était à lorigine dun sondage mené auprès des compagnies aériennes dans le but de définir ensemble une base de collaboration à la fois solide et fair-play, pour le seul bien du client. Début 2011, les résultats de ce premier sondage étaient connus et repris par plusieurs médias grand public. En automne dernier, cette fameuse Charte de bonne collaboration faisait également lobjet du premier congrès Distribution mis sur pied à Genève dans le cadre du TTW nouvelle formule. Depuis, plus rien, alors que les résultats de la deuxième enquête portant sur 2011 sont connus depuis belle lurette à linterne.
Pleinement associée à la deuxième version de ce sondage, la Fédération suisse des agences de voyages (FSAV) devrait logiquement reprendre le bébé. Car la base de la Charte reste solide même si toutes les compagnies aériennes ny adhèrent pas. Lorsquil porta ce projet sur les fonts baptismaux, le groupement genevois mettait le doigt là où ça fait mal: régler les relations commerciales quotidiennes entre distributeurs et airlines et éviter les diktats de ces dernières qui, presque toujours, pénalisent le client. Cette idée, même si elle émane dune poignée dagences de la cité de Calvin, intéresse directement toutes les agences de voyages de Suisse et dailleurs, quil sagisse de Business Travel ou de Leisure. Pour cette seule raison, il incombe désormais à la FSAV dassurer le suivi du dossier, de peaufiner les thèmes abordés dans le sondage 2012 et de décider le bien-fondé de la publication des résultats de la dernière enquête.
Cest sans doute là que le bât risque de blesser: les compagnies aériennes qui ont accepté de participer au sondage 2011 seront citées nommément si publication des résultats il y a. Un grand déballage qui ne parle forcément pas en faveur de la mise en place dun groupe de travail réunissant des représentants de la FSAV et des compagnies aériennes actives en Suisse. Dautant que la marge de manuvre de la plupart des représentants locaux des airlines se rétrécit comme peau de chagrin.
Au lieu de reporter leur décision aux calendes grecques, la FSAV et son groupe de travail Trafic aérien doivent prendre les devants: plancher dès maintenant sur le document dont lAVP est à lorigine, identifier avec les deux parties les points litigieux certaines airlines nont pas caché quelles y sont favorables et atteindre ensuite le but initial, cest-à-dire cette fameuse Charte de bonne collaboration. Il est encore permis de rêver
Dominique Sudan

