Après les gros rachats des dernières années, toute une tranche de PME actives dans les voyages connaissent ou connaîtront tôt ou tard un problème de succession. A cela sajoute le fait que de jeunes professionnels compétents existent sur le marché mais nosent pas faire le pas, notamment pour des raisons dordre financier.
«Il sagit là dun excellent thème qui mérite une gran-de réflexion. Au contraire de la Suisse alémanique où le nombre de PME, à lexception du groupe TTS, est moins élevé, la Suisse romande y est directement confrontée. A mes yeux, la vraie position des TOs dictera lavenir: souhaitent-ils conserver un réseau de distribution indépendant – en complément du leur? Veulent-ils, au contraire, létouffer avec la fin dune génération? Continueront-ils à distribuer les offres de TOs tiers dans leurs succursales? Toute la question est là», souligne Jacques Lathion, à la tête dun important réseau en Suisse romande. «A Sion, par exemple, nous nous retrouvons avec deux succursales Kuoni et deux filiales Hotelplan. Quant aux jeunes, peu dentre eux se mouillent, sans doute car les conditions financières, par exemple en termes de garanties, sont très exigeantes. Et au final, que vend-on, puisque notre branche reste du relationnel.»
Pour François Leresche, ce thème procède dune certaine anxiété: «Sans gros moyens à lorigine, toute une génération a vécu des années dor et créé des PME parfois très bonnes. Vingt-cinq à trente ans plus tard, nombre dentre nous se disent que leur entreprise vaut une somme élevée. Mais comment convaincre un repreneur potentiel dinvestir une somme importante pour une PME dégageant annuellement des marges aussi faibles. En fait, nous transmettons aux jeunes des connaissances et un outil de travail que nous souhaitons quils utilisent à bon escient. Mais les jeunes compétents connaissent la situation: en regard des marges, il leur sera difficile de rembourser le prêt octroyé, même si ce dernier nest pas très élevé. Face à la succession, nous devons donc rester raison-nables afin quun maximum de PME subsiste.»
A la direction de lentreprise éponyme, Jean-Claude Fert estime que lon a tout intérêt à ce que les indépendants survivent en nombre important: «Cest capital dans la mesure où la branche sest scindée en deux: les industriels qui ne font plus de voyages mais de la finance, et les artisans qui font des voyages. Cest un sujet qui mérite vraiment dêtre débattu.»
Dominique Sudan

