La succession, un réel problème (Edition 2010-21)

Le symposium qu’organisera le groupe TTS au TTW 2010 séduit. De nombreuses PME de la branche sont ou seront confrontées au problème.

Après les gros rachats des dernières années, toute une tranche de PME actives dans les voyages connaissent ou connaîtront tôt ou tard un problème de succession. A cela s’ajoute le fait que de jeunes professionnels compétents existent sur le marché mais n’osent pas faire le pas, notamment pour des raisons d’ordre financier.

«Il s’agit là d’un excellent thème qui mérite une gran-de réflexion. Au contraire de la Suisse alémanique où le nombre de PME, à l’exception du groupe TTS, est moins élevé, la Suisse romande y est directement confrontée. A mes yeux, la vraie position des TOs dictera l’avenir: souhaitent-ils conserver un réseau de distribution indépendant – en complément du leur? Veulent-ils, au contraire, l’étouffer avec la fin d’une génération? Continueront-ils à distribuer les offres de TOs tiers dans leurs succursales? Toute la question est là», souligne Jacques Lathion, à la tête d’un important réseau en Suisse romande. «A Sion, par exemple, nous nous retrouvons avec deux succursales Kuoni et deux filiales Hotelplan. Quant aux jeunes, peu d’entre eux se mouillent, sans doute car les conditions financières, par  exemple en termes de garanties, sont très exigeantes. Et au final, que vend-on, puisque notre branche reste du relationnel.» 

Pour François Leresche, ce thème procède d’une certaine anxiété: «Sans gros moyens à l’origine, toute une génération a vécu des années d’or et créé des PME parfois très bonnes. Vingt-cinq à trente ans plus tard, nombre d’entre nous se disent que leur entreprise vaut une somme élevée. Mais comment convaincre un repreneur potentiel d’investir une somme importante pour une PME dégageant annuellement des marges aussi faibles. En fait, nous transmettons aux jeunes des connaissances et un outil de travail que nous souhaitons qu’ils utilisent à bon escient. Mais les jeunes compétents connaissent la situation: en regard des marges, il leur sera difficile de rembourser le prêt octroyé, même si ce dernier n’est pas très élevé. Face à la succession, nous devons donc rester raison-nables afin qu’un maximum de PME subsiste.»

A la direction de l’entreprise éponyme, Jean-Claude Fert estime que l’on a tout intérêt à ce que les indépendants survivent en nombre important: «C’est capital dans la mesure où la branche s’est scindée en deux: les industriels qui ne font plus de voyages mais de la finance, et les artisans qui font des voyages. C’est un sujet qui mérite vraiment d’être débattu.»

Dominique Sudan