La Suisse romande encore épargnée (Edition 2009-10)

Dominique Sudan à propos de MTCH

Sous pression après un exercice 2008 décevant et dans la tourmente face
à la mauvaise conjoncture actuelle, M-Travel Switzerland (MTCH) a été
contraint de réagir et de prendre des mesures impopulaires. Cette
seconde ré-organisation, après celle du début de l’année dernière,
sonne aussi le glas de la marque historique Esco et laisse
malheureusement plus de 50 collaborateurs sur le carreau qui, fort
heureusement, bénéficieront d’un plan social établi en collaboration
avec Migros.

Selon la direction de MTCH, les premiers effets de ces mesures
drastiques devraient se faire sentir l’année prochaine et conduire à
une amélioration annuelle d’environ dix millions du résultat dégagé en
Suisse.

Comme ce fut déjà le cas l’année dernière, cette seconde réorganisation
épargne l’antenne lausannoise de MTCH: Tourisme Pour Tous (TPT) qui
vient d’intégrer les collaborateurs de Travelhouse Romandie ne vit
aucune révolution interne contrairement à Esco qui est sacrifié sur
l’autel de la rentabilité. Toujours est-il qu’en analysant la richesse
du portefeuille de MTCH, on est en droit de s’interroger: les mesures
prises aujourd’hui ne seront-elles pas suivies d’un nouveau recentrage
partout où les marques de la maison se chevauchent?

Les domaines «Value» et «Direct» n’auront donc tenu qu’une petite
année. TPT qui était rattaché à «Value» devra donc fatalement s’adapter
à la nouvelle organisation s’articulant autour des deux segments
court-courrier et long-courrier. Cela signifie pour les collaborateurs
de l’avenue d’Ouchy qu’ils dépendront désormais des deux canaux qui ont
remplacé «Value» et «Direct». 

On constate aussi que Thomas Stirnimann confie à ses deux principaux
lieutenants, Walter Brüllhardt et Roberto Luna, la responsabilité de
deux secteurs où les deux avaient déjà largement fait leurs preuves à
l’époque de Kuoni. A n’en point douter, les deux passeront au crible
l’ensemble de l’offre de la maison afin de définir précisément ce qui
doit être maintenu et ce qui fait double emploi.

Dès lors, il semble évident que la réorganisation d’aujourd’hui sera
suivie d’autres mesures car, qu’il l’admette ou non, le groupe MTCH
souffre de recoupements dans trop de secteurs. C’est le cas des
croisières avec Oceanstar et le catalogue principal d’Hotelplan, ça
l’est aussi aux Caraïbes, sur l’océan Indien et ailleurs encore. A un
moment donné, il conviendra de trancher.

Dans l’absolu, on peut aussi s’interroger sur le maintien à long terme
de la marque générique Travelhouse qui ne dit rien au consommateur
final contrairement à la marque Hotelplan jouissant d’un degré de
notoriété extrêmement élevé.  

Autant de questions qui demeurent encore sans réponse mais que l’on est
en droit de poser, d’autant que la situation économique actuelle oblige
les entreprises à couper les branches malades partout où cela s’impose.