Les temps sont durs pour British Airways (BA) qui fait le ménage dans
ses structures commerciales au niveau mondial afin de tenter de sortir
dune spirale très négative: la compagnie nannonce-t-elle pas pour le
présent exercice une perte proche de 270 millions de francs? La Suisse
nest nullement épargnée par les mesures draconiennes confirmées
aujourdhui, bien au contraire.
Désormais, la Suisse de BA dépend tout simplement de la direction pour
lEurope centrale sise à Francfort et réunissant également lAllemagne,
lAutriche et la Slovaquie.
La Suisse de BA perd aussi définitivement son directeur commercial qui
chapeautait aussi lAutriche. Enfin, la Suisse de BA se limite
désormais aux bureaux de Genève et Zurich où les équipes sactivent
afin que les résultats permettent de maintenir durablement le statu quo.
Mais il ne faut pas se leurrer. La direction de BA à Londres applique
encore une fois la célèbre tactique du salami et la Suisse en fait les
frais. Localement, BA a procédé par étape: il y eut dabord lépisode
de laéroport de Genève où plusieurs collaborateurs devaient sen aller
puisque le mandat dassistance était confié à Jet Aviation. Ensuite, la
fermeture de lagence BA en ville de Genève était décidée. Plus
récemment, la compagnie britannique annonçait labandon pour lété 2009
de toutes les liaisons aériennes entre la Suisse et laéroport de
Londres-Gatwick et la concentration sur Heathrow. Aujourdhui, la
réorganisation touche à lidentité même du marché suisse rattaché à la
grande Allemagne avec les risques dincompréhension que lon peut
craindre à court terme.
Fort heureusement pour elles, les équipes BA actuellement en place à
Genève et Zurich ne sont pas touchées par la réorganisation en cours.
Jusquà quand? On est en droit de se poser la question car la Suisse ne
joue pas dans la cour des grands au plan aérien malgré ce fameux «high
yield» quon lui reconnaît, en tout cas au départ de Genève.
Il faut donc sattendre à changements internes, des mutations ou des
réductions deffectifs. Ce qui est clair aussi cest que les postes qui
seront vacants en raison de fluctuations naturelles ne seront pas
repourvus. Et si une United Airlines peut sappuyer en Suisse sur une
structure aussi légère alors quelle vole chaque jour entre Zurich et
Washington et ouvrira en avril une même ligne transatlantique depuis
Genève, pour quelle raison la direction décentralisée de BA pour la
Suisse nenvisagerait-elle pas une solution identique pour la petite
Suisse?
Au fil des ans, les «majors» qui étaient aussi les piliers du secteur
aérien en Suisse revoie presque tous leur copie dans notre pays. Ce qui
est regrettable, cest que les directions locales de ces compagnies ne
font finalement que du «reporting», nont plus de marge de manuvre
pour sadapter à la réalité locale et doivent se contenter dun rôle
dexécutant pas forcément motivant. Il est à souhaiter que BA Francfort
naille pas trop loin dans son raisonnement consistant à réduire ses
antennes commerciales à leur plus simple expression.

