Lannonce na été ni faite en cachette, ni en grande pompe. Pourtant, linitiative a de quoi être saluée. Oh, bien entendu, il nest pas question ici de révolution ou de grand chamboulement. Mais il flotte derrière cette décision un signal plutôt encourageant pour les agences de voyages. La collaboration initiée entre la Travel Professional Association (TPA) et la World Association of Travel Agencies (WATA) ne manquera certainement pas de provoquer quelques sourires moqueurs. Elle est pourtant intéressante à plus dun titre.
Jusquà présent, les membres de TPA avaient une structure leur offrant des conditions communes pour la revente auprès de certains tour-opérateurs et quelques outils pour le micro tour-operating. Il manquait donc aux membres désireux de concocter des produits leur permettant de se différencier ou dapporter une nette valeur ajoutée, un outil pour le suivi sur place, dans la destination choisie. Et à moins dêtre un expert soi-même et dendosser le rôle de help desk accessible 24h sur 24, offrir une telle prestation demandait du temps qui, comme le dit ladage, représente aussi de largent.
En signant avec WATA, TPA remédie à ce problème en salliant avec un nombre de partenaires actifs dans lIncoming, choisis selon des critères de taille et de qualité. Cerise sur le gâteau, la philosophie et lapproche de WATA semble correspondre parfaitement à celles de TPA. Bien entendu, certaines voix sélèveront contre cet accord, prétextant quil sagit là dune offensive contre les tour-opérateurs, à commencer ceux avec lesquels TPA travaille déjà.
Pour autant, la démarche montre une réelle volonté daller de lavant et dassumer pleinement le rôle dagent de voyages, pour ne pas dire de «conseiller en voyages». Michel Ayer la justement relevé: «Lagent de voyages est quelquun qui est capable daller plus loin que la simple revente.» Il serait vain de le nier, la profession fait aujourdhui apparaître une nette fracture entre les vendeurs et les conseillers. Il ne sagit pas dune révélation fracassante, mais dun constat.
Aussi, plutôt que dadopter le rôle de victime si cher à certains, TPA a choisi daller de lavant. Et si le président de TPA ne se veut pas guerrier, il véhicule un discours déterminé. Il ne sagit pas de contrer les TOs, ni de brandir une alternative comme une menace, mais de se doter dun outil supplémentaire permettant à lagent de voyages de sépanouir dans son rôle de professionnel et de justifier ainsi son travail, ou sa plus-value. Cela passe par sa santé financière (fonds de garantie), par son professionnalisme (critères requis pour entrer dans une association) et par son réseau professionnel, capable de concurrencer Internet.

