La Grèce nest que la pointe de liceberg qui attend lEurope. Mais cette question relève plus de la politique que de léconomie. Ce qui touche directement la branche du tourisme, cest que la Grèce est une destination très prisée en été. Le spectre du «Printemps Arabe» et de ses conséquences sur le tourisme nest pas loin et les voyagistes savent quil nest tout simplement pas envisageable de faire limpasse sur une telle destination. On oublie peut-être que derrière ces troubles, il y a des hommes et des femmes qui vivent ou survivent.
Dans le secteur des voyages, tous ne sont pas égaux. Un TUI travaille avec ses propres structures sur place, tandis quun Hotelplan nest engagé que de manière contractuelle avec des partenaires locaux. Dautres encore se lancent sur la destination et nont pas encore eu le temps de se faire une place. Quoiquil en soit, tous se disent confiants, parce que la Grèce vit en grande partie du tourisme. Sur le fond, cest une évidence. Mais il ne faut pas oublier que pour vivre, tous ont besoin dun système qui fonctionne.
Nul ne sait concrètement ce quil adviendrait du pays sil lui fallait sortir de la zone euro. La dette ne seffacerait pas par magie et il faudrait vraisemblablement passer par une grande déflation pour espérer redresser la barre. Mais alors, quadviendrait-il des relations avec les autres Etats membres? Ferait-on payer toute laide déjà versée? Laccuserait-on davoir engendré leffondrement de la zone euro? Il est avéré quavant la Grèce, lAngleterre a évoqué la possibilité de soumettre un référendum au peuple pour savoir sil fallait envisager un retrait
de lEurope, ou tout du moins, la négociation de conditions particulières.
Mais revenons à la Grèce et aux voyagistes. Tous saccordent à dire que la situation a le temps de saméliorer dici le printemps 2012 et que le tourisme sera préservé. Tous relèvent également la différence entre les îles et le continent, deux mondes très différents au demeurant. La vraie question est de savoir où en est véritablement le pays. On parle de mise en faillite, mais quest-ce qui se cache derrière ce concept lorsque lon parle dune nation? Jusquoù le pays fonctionnera-t-il?
Et ce qui est essentiel pour le secteur du tourisme, cest de savoir conserver léquilibre entre la prudence et la confiance. Car à force de répéter que le pays est en crise, lidée va simposer comme vérité. Et le véritable risque, cest que les clients pourront être amenés à croire quen conséquence les prix vont
seffondrer. Sils se détournent de la destination, certains prestataires prendront peut-être cette voie. Un cercle vicieux, perpétuel recommencement, attendrait alors le pays. Ce serait comme le châtiment réservé à Sisyphe.

