Il y a quelques années, les agences de voyages réclamaient la fameuse
«Tax Box» à cor et à cri. Ce vieux serpent de mer refait surface, non
en faveur des distributeurs mais bien à lavantage des compagnies
aériennes. Habitués à passer sous les fourches caudines depuis des
années, les agents de voyages le feront une nouvelle fois.
Le nouvel instrument est prêt chez trois GDS, il le sera chez le
quatrième à la date voulue: dès le début juillet, plusieurs compagnies
aériennes imposeront aux Pays-Bas une nouvelle taxe lors du paiement
par carte de crédit. La pratique est courante mais elle ne concerne
pour linstant que les sites Internet des transporteurs Low Cost, parmi
lesquels Easyjet. Nul besoin dêtre grand clerc pour le comprendre:
lexemple hollandais fera de toute façon tache dhuile, en Europe et en
Suisse. Cet effet domino est inéluctable comme on la vu lors de
lintroduction de la commission zéro, par exemple.
Pour lagent de voyages, cela se traduira aussi par un surplus de
travail administratif si daventure les clients préfèrent payer cash,
par un risque plus élevé dans le même cas de figure et par la nécessité
absolue dexpliquer clairement lintroduction de cette énième taxe
aéri-enne. Les compagnies régulières non seulement salignent sur leurs
ennemis jurés que sont les Low Cost, elles pénalisent aussi les
intermédiaires classiques qui demeurent leur premier canal de
distribution. Et là, cest lentente cordiale entre les airlines et les
GDS puisque ces derniers ont développé à la demande des compagnies une
multitude de nouveaux champs permettant lintroduction technique des
nouvelles taxes
Sur les billets bon marché, le montant fixé quimposeront KLM et
consorts au marché hollandais est totalement disproportionné. Il ne
correspond à aucune réalité et nest quune évaluation unilatérale des
coûts engendrés par les cartes de crédit. Pire, toutes les airlines, en
raison de limmense volume traité par les cartes de crédit, bénéficient
de toute manière de taux extrêmement bas, sans doute inférieurs de dix
fois au moins au montant fixe
imposé par trajet.
Sur le plan financier, certes, les agences ne sont pas pénalisées par
cette nouvelle mesure. Mais limpact psychologique auprès de la
clientèle risque dêtre fort si lon ajoute les frais de service de
toute agence. Le client, lorsquil sagira de vols secs, se dira alors
quune commande directe auprès dune compagnie aérienne sera moins
onéreuse. Et les airlines y gagneront de nouveau.

