Les agences romandes s’adaptent sans dramatiser (Edition 2009-18)

Les TOs sont soumis à des pressions plus ou moins fortes mais les distributeurs ne cèdent pas à la panique.

Dans le segment Leisure, Zénith annonce un recul d’environ 15%. «Là, ce
sont surtout les familles au budget moyen/supérieur, par exemple celles
qui étaient fidèles au Club Med, qui font encore défaut. Dans tous les
cas, les formules All-inclusive, la Turquie, la Tunisie et l’Egypte
(pour les vacances d’automne) ont aujourd’hui la priorité. Le segment
des croisières se porte également bien alors que les destinations
chères n’ont pas la cote. Et dans le long-courrier, nous ne sommes pas
mécontents des produits difficiles où le conseiller en voyages offre
une vraie valeur ajoutée. Nous y réalisons de beaux dossiers. En
revanche, proposer des hôtels de catégorie supérieure sur des grands
classiques (Caraïbes, Thaïlande) devient plus difficile», conclut
Philippe Haussauer.

A Fribourg, L’Esprit du Voyage ne s’inquiète pas trop: la jeune agence
de voyages annonce un baisse de 9% de son volume d’affaires due
principalement à la frilosité de la clientèle familiale qui semble
attendre le lancement d’actions Last Minute: «D’une manière générale,
les réservations déjà effectuées portent sur une durée de séjour plus
courte. Pour l’été, Grèce, Tunisie et Turquie ont la cote en raison de
leur rapport qualité-prix. En avril, la Sicile a également attiré une
clientèle intéressante. A contrario, une destination comme la Corse
devenue trop chère et n’offrant qu’un choix hôtelier limité est en net
recul», explique Florence Inäbnit, Co-Manager. La faiblesse du dollar,
le niveau des tarifs aériens et le lancement de nouveaux vols
expliquent la demande importante pour les USA et le Canada
qu’enregistre l’agence fribourgeoise. «Et dans le long-courrier, nous
avons énormément vendu l’Indonésie et Bali, au même titre que la
Thaïlande et le Cambodge/Vietnam», ajoute la Co-Manager.

A La Chaux-de-Fonds, Pascal Capt (Voyages TCS) reste lui aussi positif
malgré un recul de 15% du volume d’affaires: «Plusieurs facteurs locaux
expliquent aussi la baisse de régime actuelle: nous sortons de vacances
de Pâques très calmes, nous avions encore un mètre et demie de neige il
y a un mois et notre secteur horloger est touché par la crise. Ce sont
également les familles qui nous manquent encore. Dans le
moyen-courrier, les réservations confirmées portent sur la Grèce
(Corfou, Kos et la Crète) et Majorque, ainsi que la Tunisie et les
Canaries qui demeurent fidèles à elles-mêmes. Dans ce segment-là, nous
déplorons d’ailleurs le gros travail de manutention dans les dossiers
que nous ont imposé les TOs en modifiant leur programmation charter.
Les croisières sont également très demandées alors que, dans le
long-courrier, les USA et le Canada avec de bons dossiers motorhomes
jouent les premiers rôles.»

Chez Marly Voyages, Pierre Piccand note également un recul du volume
global mais ne dramatise pas: «Les familles tardent à se manifester
alors que celles qui l’ont fait ont souvent opté pour un séjour plus
court et un hôtel de catégorie inférieure. Si les réservations en
attente tombaient vraiment entre mai et juin, la situation n’aurait
rien de dramatique.» De son côté, Delta Voyages se maintient pour
l’instant au même niveau qu’en 2008 en termes de séjours à vocation
touristique: «D’une façon générale, notre agence de Genève s’appuie sur
une clientèle touristique relativement aisée. Mais nous constatons
aussi que les familles sont plus attentistes et que certaines d’entre
elles voyagent moins longtemps et, peut-être, moins loin qu’avant. Mais
d’une façon générale, nous sommes satisfaits des résultats obtenus sur
la Grèce, la Tunisie qui obtient de bons résultats en dehors de la
saison estivale et l’Egypte où nous réalisons de beaux dossiers»,
commente Yvan Vasina.

Dominique Sudan