Les arnaqueurs restent légion (Edition 2014-43)

L’appât du gain restera toujours un fléau

A chaque fois qu’un événement sportif d’envergure mondiale approche, en particulier lorsqu’il s’agit de la Coupe du monde de football, la plus grande prudence est de mise: de petits malins saisissent l’occasion pour se muer en organisateurs de voyages et font miroiter des tarifs sans concurrence et largement inférieurs à ceux des forfaits proposés par les agences de voyages officielles. Et au Brésil, où hôtels et airlines avaient dans un premier temps pratiqué des tarifs abusifs, la différence de prix était si tentante qu’elle en a séduit plus d’un. Dont un groupe de vingt-trois supporters romands, qui avaient pourtant déboursé près de 6000 francs par personne pour leur séjour.

Berné par un organisateur qui, visiblement, a fait l’amalgame entre le très officiel Club des amis de l’équipe nationale et une section régionale de fans, le groupe fait confiance: vols TAP à l’aller et Swiss au retour, déplacements intérieurs avec TAM et Gol, bons hôtels et billets aux matchs, tout semble bétonné. Finalement, rien n’a fonctionné. Avant cette Coupe du monde, les professionnels déconseillaient vivement de monter un tel voyage sans garantie. Certes, chacun pouvait se procurer des chambres d’hôtels à travers les différents sites Internet spécialisés, mais les contingents étaient souvent épuisés depuis fort longtemps. Et face aux 200 millions de clients potentiels brésiliens, les hôteliers et autres prestataires locaux n’ont pas fait d’efforts pour les touristes étrangers. Une raison de plus pour passer par un professionnel.

Mais où le bât blesse, c’est du côté des fournisseurs. Pourquoi les compagnies aériennes livrent-elles sans contrôle un parfait inconnu mettant en place des groupes d’une telle importance? A quoi servent les agences de voyages officiellement désignées dans chaque pays si les hôtels et les airlines acceptent de traiter avec des arnaqueurs? Cette mésaventure démontre une nouvelle fois le vide juridique qui continuera d’exister tant que la loi sur les voyages à forfait ne permettra pas de sanctions exemplaires, y compris à l’encontre de fournisseurs acceptant de livrer n’importe quel individu. L’appât du gain demeurera toujours un fléau.

Dominique Sudan