Les associations sont en colère (Edition 2008-07)

La décision d’une surcharge pour la distribution via les GDS n’a pas fini de faire parler d’elle: l’AVP, l’APR et TPA sont remontées.

L’Association des agences de voyages privées (AVP) est formellement
contre cette décision des deux transporteurs Swiss International Air
Lines (LX) et Lufthansa (LH). «Nous n’acceptons pas cette décision qui
s’apparente à de la discrimination, déclare Jean-Claude Fert. Pourquoi
défavoriser un canal de distribution?»

Si le sentiment d’une décision insensée prime, l’AVP accorde pour le
moment la priorité à la négociation. «Il faut d’abord favoriser la
discussion. Une fois ce recours épuisé, nous considérerons la
possibilité d’un conflit.» Les solutions ne manquent pas. «Il faut que
les compagnies aériennes entament également une discussion avec les
GDS, car au final, ce sont les premiers concernés. Quant au prétexte
des coûts avancés par Swiss et Lufthansa, on est en droit de se
demander s’ils sont tellement plus élevés que ceux que nécessite le
développement d’une plate-forme de vente sur Internet.» La
revendication est donc simple: «Il faut que les coûts soient unifiés
pour tous les canaux.»

La négociation, c’est aussi la priorité de Jacques Lathion de
l’Association des agences privées romandes (APR): «Nous suivons l’AVP,
c’est une évidence. Mais nous sommes dans une situation où le temps
nous est donné. L’entrée en vigueur de la décision de Swiss et
Lufthansa est pour le 1er octobre. Nous devons donc profiter de ce
temps pour négocier.» La question principale reste de savoir qui doit
payer pour le marché des GDS. «S’il faut le payer, alors il faut
répartir le problème et que chacun prenne une partie des frais. Ce qui
est certain, c’est que cette manière de
procéder ne va pas améliorer le relationnel et nous sommes dorénavant condamnés à vivre ensemble.»

Du côté de la Travel Professionals Association (TPA), Sonja Laborde est
très posée: «Malheureusement nous n’avons pas eu le temps d’étudier la
question en profondeur, mais la première réaction est d’avoir été
scotchés au plafond. Les négociations sont inévitables dans la mesure
où Swiss et Lufthansa sont incontournables. Toutefois, pour effectuer
des négociations saines et sensées, il est primordial d’avoir une vraie
transparence de la part des compagnies que sont Swiss et Lufthansa.
D’où viennent ces coûts, peut-on les réduire, et si oui, dans quelle
mesure. Ces questions sont un préambule nécessaire avant toute
négociation.»

Cédric Diserens

Un air de déjà vu pour une situation inévitable?

Pour Sonja Laborde, le tollé que suscite la décision de Swiss et
de Lufthansa rappelle curieusement la situation de la commission zéro.
«Tout le monde était alors monté au créneau pour lutter contre cela, et
il a finalement fallu bâcher. Je crains qu’aujourd’hui nous nous
trouvions dans une situation similaire.»
De son côté, Jean-Claude Fert semble plus confiant. «La problématique
actuelle est quelque peu différente. Dans le cas de la commission zéro,
tout le monde était logé à la même enseigne. La décision de Swiss et de
Lufthansa ne va pas dans ce sens puisqu’elle favorise certains canaux
au détriment d’autres.»  

CD