Les distributeurs contraints de se détourner des TOs classiques (Edition 2012-41)

La volonté de fournir une vraie valeur ajoutée explique en partie la baisse de volume observée auprès des distributeurs indépendants.

Les modèles de commission des grands tour-opérateurs devraient prochainement être communiqués. Du côté des distributeurs, Claude Luterbacher, Transcontinental et président de l’AVP, ne s’attend pas à de grands changements. «Ce sera le statu quo ou la baisse. Les ventes des TOs doivent être en diminution, par conséquent leurs marges également.» 

Michel Ayer, président de TPA se veut un peu plus confiant. «Une hausse ponctuelle pourrait bien intervenir en fonction de la concurrence sur certaines destinations ou produits, voire la volonté pour certains de se démarquer. Sinon, ce sera probablement le statu quo. Je ne pense pas que dans la situation actuelle, un fournisseur prendrait le risque d’une baisse.» Constat similaire pour Dominique Ludi de Versoix Voyages: «Ce sera vraisemblablement le statu quo, voire une petite hausse. 

Mais cela ne devrait pas changer. En revanche, ce qui est certain, c’est que les paliers nécessiteront d’être révisés car si les volumes sont en hausse, les prix eux sont en baisse.»

Les raisons pour se détourner des TOs sont souvent des problèmes de compétitivité tarifaire et de compétence du personnel, mais également un besoin de la clientèle pour des produits identifiés. Claude Luterbacher: «Nous avons effectivement une baisse de la vente de ces produits. En cause, les compétences, les connaissances des produits, mais surtout le prix, souvent plus élevé qu’en direct. De plus, les clients attendent de plus en plus une véritable identification de leur conseiller dans l’organisation du voyage, autrement dit une vue plus claire de la valeur ajoutée de A à Z. Etre un simple intermédiaire n’est plus un argument de vente pour un client.»

Michel Ayer nuance: «Je ne parlerai pas nécessairement de baisse de vente de produits des grands, mais moins de forfaits TO en général. Les forfaits proposés même sans transferts ou assistance sur place. Il est aisé de faire aussi bien, voire mieux, soi-même et les agents de voyages ne sont pas de simples revendeurs. Le client attend plus de son conseiller en voyages que d’Internet, auquel les produits sont de plus en plus adaptés, respectivement simplifiés.» 

Un modèle avec MSP ne convainc pas

Bien que la question soit posée par certains, peu semblent réellement convaincus qu’un Minimum Selling Price (MSP) soit la solution. Claude Luterbacher: «Pour autant que les nets ne soient pas communiqués aux clients et que la différence avec le MSP soit acceptable, donc négociées avec la distribution. Mais cela ne changerait pas grand’chose.» Michel Ayer se veut très dubitatif: «On risque de se retrouver avec un prix brut conseillé après calcul d’une marge confortable sur le Net, ce qui arrangerait au final le TO. Une idée, mais avec un choix de revendeurs respectueux des règles imposées, donc fatalement très limit酻 Dominique Ludi: «Introduire un MSP risquerait de créer un déséquilibre. Et qui peut garantir que ce prix serait respecté pour la distribution propre via Internet?» 

CD