Les intermédiaires toujours plus court-circuités (Edition 2013-21)

Upgrade Last Minute

Travailler en direct n’est nullement l’apanage des compagnies aériennes, qui le font depuis des années. Les TOs, notamment les grands grâce à leur puissance de feu, sont aussi coutumiers du fait. Les cas d’Air Mauritius (MK) et d’Austrian Airlines (AUA) sont d’autant plus intéressants qu’ils n’ont guère de points communs. 

Après 25 ans de présence on-line à Genève, la première a tiré sa révérence en été dernier. Son volume de trafic en a immédiatement pris un sérieux coup pour deux raisons : le transit via Londres et Paris ne remplace pas un vol non-stop et Emirates fait valoir sa logique géographique de hub naturel, Dubaï. Ses chiffres explosent sur Maurice, ce qui n’étonnera guère. Par conséquent, MK lance des initiatives comme l’upgrade de dernière minute qui peut s’avérer aussi novateur que suicidaire : les intermédiaires, déjà très refroidis par le transfert des passagers à CDG ou Heathrow, se sentent floués. Car même si MK confirme qu’il ne s’agit que des passagers ayant procédé à une réservation en direct, l’adresse électronique qui figurera dans un dossier classique sera fatalement traitée par la compagnie pour proposer l’upgrade Last Minute. Le lien sera ensuite définitivement établi.

Chez Austrian (AUA), l’approche est différente. Les destinations concernées par le sur-classement de dernière minute sont de caractère pour le moins « exotique » (Astana, Bagdad, Bakou, Erevan…) et les intermédiaires se voient ensuite créditer de la différence tarifaire sur leur propre numéro IATA. Mais où le bât blessera, c’est entre passagers : comment réagira celui qui a payé plein tarif sur des destinations chères alors que son voisin n’aura eu qu’à proposer un certain montant pour profiter du même produit ? Et si le bilan final s’avère concluant, pourquoi ne pas étendre cet upgrade Last Minute aux autres airlines du groupe Lufthansa ?

Les questions sont multiples mais le constat reste identique : les intermédiaires (agences, brokers, etc.) sont et seront toujours plus court-circuités par les producteurs. La défunte Charte de bonne collaboration n’avait aucune chance face à cette artillerie lourde…

Dominique Sudan