Il est vrai que les deux informations ne sont pas liées directement. Pourtant, elles illustrent une réalité sur le marché helvétique: les voyagistes doivent évoluer sils comptent survivre. Pour lun, cela passe par une modification du modèle de ré-
tribution de ses distributeurs. La base de calcul nest plus le nombre de passagers, mais le volume du chiffre daffaires. Concrètement, cela devrait impliquer une réduction de la rétribution puisque les prix déjà bas sont annoncés avec une baisse denviron 15%.
Mais derrière cette décision se cache aussi la volonté de doter les agences de voyages dun outil de comparaison. Aujourdhui, pas de miracle, lacheteur compare et soriente en fonction de ce quil peut observer. Dès lors, le simple fait daffirmer avoir une offre intéressante ne suffit pas. Cest ce quà bien compris Universal. Lavenir dira si leffort dun remodelage du commissionnement suffira à augmenter ou au moins conserver son volume de vente.
Pour lautre, cela sillustre par un regroupement stratégique à Francfort. La Suisse, tout comme lAutriche, ne deviennent plus que des marchés de vente. Celles-ci sont dailleurs en progression et la décision de ne pas alourdir inutilement la structure de direction est plus que compréhensible et semble sage au vu de lenvironnement économique actuel. De plus, une structure réduite au niveau de la direction implique une capacité de réactivité accrue, la communication étant accélérée.
Ainsi, sur leurs segments respectifs, Universal Air Tours et STA Travel ne peuvent plus compter uniquement sur leur production, mais doivent aussi se montrer plus efficaces, économiquement parlant. Si rien nest acquis et quil faudra encore pouvoir mesurer le succès de ces décisions, il convient de constater que désormais, la balle semble dans le camp des petites structures. Aussi anodines que puissent paraître ces évolutions, elles nauraient pas pu être mises en place aussi rapidement avec des grandes structures.
La branche des voyages doit absolument comprendre que ce qui était vrai hier, ne lest plus aujourdhui. La volatilité de la branche ne rend pas facile la tâche aux superstructures dont la marge de manuvre est réduite. Le constat est encore plus flagrant sur un marché aussi petit et divisé que celui de la Suisse.
Cest également une vérité qui touche le secteur aérien, et bon nombre de compagnies sont contraintes à réduire la voilure avant quil ne soit trop tard. Personne ne peut prédire quelle sera la recette du succès de demain, mais tout le monde saccorde à dire que cela ne peut pas continuer ainsi.

