Les TOs condamnés à devoir évoluer (Edition 2011-47)

Cédric Diserens à propos d’Universal et STA TRAVEL

Il est vrai que les deux informations ne sont pas liées directement. Pourtant, elles illustrent une réalité sur le marché helvétique: les voyagistes doivent évoluer s’ils comptent survivre. Pour l’un, cela passe par une modification du modèle de ré-

tribution de ses distributeurs. La base de calcul n’est plus le nombre de passagers, mais le volume du chiffre d’affaires. Concrètement, cela devrait impliquer une réduction de la rétribution puisque les prix déjà bas sont annoncés avec une baisse d’environ 15%.

Mais derrière cette décision se cache aussi la volonté de doter les agences de voyages d’un outil de comparaison. Aujourd’hui, pas de miracle, l’acheteur compare et s’oriente en fonction de ce qu’il peut observer. Dès lors, le simple fait d’affirmer avoir une offre intéressante ne suffit pas. C’est ce qu’à bien compris Universal. L’avenir dira si l’effort d’un remodelage du commissionnement suffira à augmenter ou au moins conserver son volume de vente.

Pour l’autre, cela s’illustre par un regroupement stratégique à Francfort. La Suisse, tout comme l’Autriche, ne deviennent plus que des marchés de vente. Celles-ci sont d’ailleurs en progression et la décision de ne pas alourdir inutilement la structure de direction est plus que compréhensible et semble sage au vu de l’environnement économique actuel. De plus, une structure réduite au niveau de la direction implique une capacité de réactivité accrue, la communication étant accélérée.

Ainsi, sur leurs segments respectifs, Universal Air Tours et STA Travel ne peuvent plus compter uniquement sur leur production, mais doivent aussi se montrer plus efficaces, économiquement parlant. Si rien n’est acquis et qu’il faudra encore pouvoir mesurer le succès de ces décisions, il convient de constater que désormais, la balle semble dans le camp des petites structures. Aussi anodines que puissent paraître ces évolutions, elles n’auraient pas pu être mises en place aussi rapidement avec des grandes structures.

La branche des voyages doit absolument comprendre que ce qui était vrai hier, ne l’est plus aujourd’hui. La volatilité de la branche ne rend pas facile la tâche aux superstructures dont la marge de manœuvre est réduite. Le constat est encore plus flagrant sur un marché aussi petit et divisé que celui de la Suisse. 

C’est également une vérité qui touche le secteur aérien, et bon nombre de compagnies sont contraintes à réduire la voilure avant qu’il ne soit trop tard. Personne ne peut prédire quelle sera la recette du succès de demain, mais tout le monde s’accorde à dire que cela ne peut pas continuer ainsi.