Le plan de restructuration annoncé aujourdhui na pour but que la réduction de la voilure et de la masse salariale. Si le patron de Baboo ne fournit aucun détail précis, il ne cache pas non plus que les réductions deffectifs toucheront lensemble des départements, et quil nest pas improbable que la flotte soit réduite elle aussi. Baboo tranchera donc dans le vif.
Au plan opérationnel, la flotte est composée de cinq appareils, à savoir trois jets de type Embraer 190 et deux turboprops Dash 8Q-400. Or, un Embraer est régulièrement immobilisé, ce qui signifie que Baboo exploite le plus clair du temps quatre appareils sur cinq. Si réduction de flotte il doit y a voir, la direction de la compagnie sera face à un dilemme: maintenir lexploitation coûteuse des Embraer et renoncer aux Dash très performants sur le réseau régional dont il est question, ou immobiliser les jets, mettre ainsi en péril la stratégie dalliances déployée depuis deux ans et déclarer mort-né lambitieux programme de chaînes charters négocié avec de nombreux TOs suisses, dont Hotelplan Suisse et Kuoni.
On nen est pas encore là mais tout porte à croire que plusieurs mesures impopulaires seront prises à court terme, Mark Darby ne cachant pas que les arrangements conclus avec les TOs pour lhiver prochain seront réévalués dans le cadre du plan de re-structuration qui est à létude.
Pour écorner limage du marché, difficile de faire mieux. Dun coup, tout le programme de rotations hivernales à destination des îles Canaries et de la mer Rouge risque de tomber à leau. Et les solutions de substitution de qualité ne sont pas légion, ni chez Edelweiss ni chez Hello. Les deux grands TOs sis à Zurich doivent sans doute se mordre les doigts davoir jeter leur dévolu sur cette Baboo quils jugeaient trop chère il y a deux ans mais quils ont finalement affrétée.
Très ambitieuse, Baboo a sans doute commis le péché dorgueil lorsquelle a opté pour lEmbraer, un bel oiseau au demeurant. Sa direction dalors ne la jamais admis mais cet appareil est fragile et gourmand au niveau des opérations. Aujourdhui, la facture est salée puisque daucuns articulent plus de 30 millions de perte annuelle, chiffre que personne ne confirme.

