Les TOs sont dans l’expectative (Edition 2009-38)

Trois mois et demi avant la fin de l’année, la situation n’est guère favorable aux TOs.
[shariff]

Alors que les agences de voyages indépendantes compensent presque
toutes une rentabilité plus faible dans la distribution classique en se
muant en TOs et semblent ainsi tirer leur épingle du jeu, les TOs sont
plus touchés par la crise économique et financière, les changements de
modes de consommation et les nouvelles habitudes prises par la
clientèle, notamment pour ce qui est de la tendance avérée à réserver
ses voyages au dernier moment. Les grands TOs ne cachent pas qu’ils
souffrent, surtout dans le segment forfaitaire impliquant la prise de
risques charters. Les petits sont eux dans l’expectative.

«Pour octobre, l’état des réservations reste très moyen. A ce jour,
nous accusons une baisse globale de 25%. Certaines destinations
fonctionnent plutôt bien, à l’image de la Sicile et de l’Andalousie,
d’autres s’essoufflent. Tel est le cas des Iles Canaries. Mais nos
principales chaîne charters se terminent à la fin septembre (Sardaigne,
Corse, Baléares)», explique Gilbert
Gachet, chez VT Vacances.

Pour conjurer le sort, VT Vacances prend certaines mesures concrètes:
série de petits-déjeuners permettant de présenter sa production à un
maximum d’agents, lancement d’offres spéciales, présence active au TTW
avec mise sur pied de quatre workshops. «Depuis le début de l’année,
les TOs sont pénalisés par les réservations de dernière minute. Mais il
n’y a pas que le prix qui intéresse le client: il faut aussi que
l’offre soit de qualité. Les quatre derniers mois de l’année devraient
être marqués par un retrait de 5 à 10% et cette tendance aux Last
Minute perdurera», conclut Gilbert Gachet.

Chez TPT, Modestino Capolupo éprouve davantage de difficultés à dresser
le bilan provisoire des vacances d’automne: «Notre offre ne couvre pas
que les destinations typiques de ce mois de relâches. Mais nous
remarquons que la Tunisie et l’Egypte sont très demandées. Pour ce qui
de l’attitude du client, elle est la même chez nous: réservations
tardives et grande sensibilité au prix dans le segment balnéaire. La
clientèle individuelle cherchant un circuit à la carte réagit
différemment.»   

De son côté, Trade Wings ne peint pas le diable sur la muraille: la
situation actuelle n’est pas si mauvaise. «Les réservations des
vacances scolaires de Genève et Fribourg nous donnent entière
satisfaction puisque nous affichons complet. La mer Rouge (Hurghada et
Sharm), la Grèce, Chypre, Oman, Syrie et Jordanie sortent du lot. Quant
aux réservations tardives, elles sont une réalité si l’on estime qu’un
Last Minute correspond à trois semaines avant le départ. Mais le très
court terme est en recul  car le client a compris que le Last
Minute ne signifie plus rien. Pour la fin de l’année, nous faisons
preuve d’attentisme. Nous essayons de susciter l’intérêt des agents
afin qu’ils assurent correctement la promotion de nos destinations»,
conclut Christiane Morisod.