Objet, ou faudrait-il plutôt dire sujet de cur de Luigi Cantamessa, lEthiopie semble être une passion contagieuse qui sest répandue au sein de léquipe de Géo-Découverte à Genève. Aujourdhui, la destination connaît une sorte de consécration puisquun programme complet dune douzaine de pages lui est consacré. «Ethiopie Laube du monde», le titre nest pas choisi par hasard. A écouter Luigi Cantamessa en parler, on pourrait effectivement penser quil sagit-là du berceau du monde. Sans compter que le pays est à lui tout seul un monde.
«LEthiopie donne limpression dun cadre bucolique, une image très naturelle et champêtre. On est ici bien loin de limage désastreuse des années 1984-1985.» Désastreuse, limage laura surtout été pour la suite. Car en Europe, et probablement dans dautres pays dOccident, cest celle qui restera prédominante. Les images denfants affamés et de sols poussiéreux et désertiques simposeront alors comme illustratives du pays.
«85% des éthiopiens sont liés à lagriculture. Le pays na pas de pollution industrielle. De plus, il dispose dune grande réserve deau. Il ne faut pas oublier que le Nil Bleu prend sa source dans le lac Tana.» Le pays comporte un important capital danimaux agricoles (bovins, caprins et ovins) et compte un important réseau de rivières et lacs.
Un voyage en Ethiopie, cest un voyage hors du temps. Dit ainsi, on pourrait penser à slogan marketing bon mar-ché. Pourtant, cest une réalité. Tout dabord, lEthiopie fonctionne selon un calendrier de treize mois. Ajoutez à cela une division du jour en deux fois douze heures: le jour de 06h00 à 18h00 et la nuit de 18h00 à 06h00. Lorsquil est 07h00 du matin, pour les Ethiopiens, il est 01h00 du jour. De quoi vraiment perdre tout ses repères. «Il ne faut cependant pas sinquiéter, rassure Luigi Cantamessa. Les chauffeurs sur place savent faire la conversion avec notre système dhoraire. Cela évite les déconvenues lors de rendez-vous fixés.»
La confection dune brochure a requis la réflexion de la nature même du programme. Que voir sur place?
«Le tourisme en Ethiopie remonte aux années 1950 où lon promenait les touristes suivant une route que lon nomme aujourdhui la Route Histo-rique. Celle-ci se faisait de et vers Addis Abeba en cinq étapes: Tis Abay, Bahir Dar, Gonder, Axum et Lalibela. «Cette route se faisait et se propose toujours en voiture, avec peu de temps à chaque endroit. Nous avons choisi de programmer des étapes de deux, trois ou quatre jours, afin de rayonner et découvrir la région. Le logement offre un certain confort avec des petits lodges.»
Quels que soient ses atouts, il faut être conscient que lEthiopie est une destination essentiellement culturelle, elle reste donc de niche. «Ce nest pas une destination qui intéressera le tourisme de masse, car il ny a pas doffre balnéaire.» Peu à peu, linfra-structure touristique se développe et la construction de pistes permet petit à petit délargir le rayon de découvertes. «On gagne ainsi laccès à dautres sites de visite.»
Cédric Diserens
Quelques informations techniques
Trois types de variantes pour découvrir ce pays sont proposées. La formule haut de gamme consiste en un accompagnement au départ de Genève. Le guide est alors un des cinq collaborateurs spécialisés de Géo-Découverte. «Chacun a fait de lEthiopie un sujet détude.» La seconde option est un voyage accompagné avec un guide local. Enfin, la dernière option est celle du voyage individuel. «Dans ce cas, une discussion est faite au préalable afin dadapter le programme aux envies et besoins du client.
Au niveau de laérien, les options sont nombreuses, que ce soit avec Ethiopian de Francfort ou de Rome, avec Turkish Airlines via Istanbul, Lufthansa via Francfort ou Egyptair via Le Caire.
CD
Richesse par la variété
A linstar de nombreux pays, lEthiopie dispose de divers paysages. Mais la différence entre chacun dentre eux est tout simplement impressionnante: au Nord, on trouve les hauts plateaux. «Cest la région de lAbyssinie qui dispose dun important patrimoine historique. A Axum, par exemple, se trouve la plus grande stèle taillée par lhomme.
Les obélisques dEgypte ne sont donc pas seuls.» Au Sud, le paysage revêt un visage dAfrique avec la vallée du Rift, même si la faune nest pas aussi abondante quau Kenya. LEst est marqué par le triangle dAfar, une grande dépression située au-dessous du niveau de la mer. Dans cette région ont été trouvés de nombreux ossements de nos probables ancêtres, dont fait partie «Lucy». A lextrémité est se trouve la République de Djibouti. «La ville est florissante», confie Luigi Cantamessa.
CD

