L’occasion fait le(s) larron(s) (Edition 2010-35)

Cédric Diserens à propos des charters de baboo

La branche du tourisme et des voyages voit de nombreux conflits entre ses différents acteurs. Compagnies aériennes, voyagistes, agences de voyages, autocaristes, loueurs de voitures, hôteliers… Il y a toujours à dire sur l’un ou l’autre. Cette fois-ci pourtant, une entente a même été trouvée entre deux poids lourds (Kuoni et Hotelplan) et un «petit» comme Baboo. Un accord satisfaisant pour tous, permettant de faire face à une baisse d’activité commune et saisonnière.

Baboo se retrouve donc avec pas moins de trois charters moyen-courriers triangulaires: deux sur l’Egypte, un sur les Iles Canaries. Serait-ce la fin du charter de masse? Walter Brüllhardt l’a justement remarqué: il est plus facile de remplir un appareil de 100 places – surtout s’il est partagé avec un autre partenaire – qu’un de 160 places. Reste à savoir si les Embraer 190 séduiront la clientèle. Le produit Baboo a déjà fait ses preuves, notamment par sa qualité.

Ce qui est encore plus intéressant dans le cas de l’Egypte, c’est qu’en face de Baboo se trouve le produit «antagoniste»: Easyjet et son modèle Low Cost. Contrairement à Baboo, Easyjet mise sur un produit véritablement à la carte (de crédit, pourrait-on ajouter). Celui qui cherche le prix le plus bas peut le trouver, moyennant quelques sacrifices en regard de ses attentes. Plus intéressant encore, ce sont les deux ténors balnéaires que sont Hurghada et Sharm el-Sheikh qui seront desservis avec pas moins de deux vols hebdomadaires chacun et des horaires plus qu’intéressants.

On ne pouvait rêver mieux comme champ d’expérimentation. Sans compter qu’à l’heure actuelle, il n’est plus possible de recourir à l’excuse de la popularité acquise du Low Cost. Celle-ci a en effet été malmenée dans la presse grand public et à la télévision. A tel point que la TSR indiquait lundi dernier dans son émission TTC qu’Easyjet ne répondait plus aux questions des médias tant que l’entier des mesures pour contrer les divers retards et annulations n’avait pas été appliqué. «Soudain, le crieur se tait» n’auront pas manqué de penser certains.

Les deux produits vont donc se retrouver face à face, dans une saison similaire. D’un côté du ring, Easyjet et son offre à construire soi-même. De l’autre, Baboo combinée à des arrangements forfaitaires. Seule différence: Easyjet opèrera ses vols en direct, tandis que Baboo proposera des vols triangulaires. Une pratique qui n’a rien de nouveau et qui, tant que le client n’a pas à débarquer, n’est qu’un intermède dans un vol moyen-courrier. Alors, qui l’emportera? A l’annonce du lancement de Sharm el-Sheikh par Easyjet, beaucoup qualifiaient le choix de l’été comme peu judicieux. Aujourd’hui, le vol est toujours là et pour l’instant, reste prévu jusqu’en mars 2011.