Le concept dévoilé récemment par Swiss pour sa base de Genève est tout à fait prometteur et risque fort de bousculer la concurrence. Mais sur la durée, tiendra-t-il la route ? Cest ce quil faut souhaiter à Swiss, tout en regrettant que cette dernière occulte la question cardinale : la rentabilité.
Sous lère Haralambof, Swiss Genève bénéficiait dun soutien extrêmement fort de lancien chef pour la Suisse, Rudolf Schumacher. Mais pendant ces années-là, la rentabilité impérative constituait déjà une redoutable épée de Damoclès. Il est clair que les appareils de Swiss, avec un taux de remplissage moyen denviron 70 % à Genève, disposent de la capacité pour gagner quelques parts de marché sur le réseau court-courrier européen. Plusieurs écueils existent, quil ne faut pas négliger du tout. En premier lieu, le message publicitaire quadresse Swiss au grand public en articulant des tarifs TTC sans concurrence reste une arme à double tranchant si le nombre de sièges disponibles à ce prix savère insuffisant. Car le client sait penser Low Cost. Ensuite, le recrutement du nouveau personnel de cabine sans CCT mais au bénéfice dun contrat individuel peut être handicapant : contrairement à ce qui a toujours contribué au succès de Swissair/Swiss, ce personnel risque fort de ne pas sidentifier de la même manière à son employeur et considérer son emploi comme une parenthèse de la vie. Sans compter quil travaillera davantage, avec des horaires serrés et un retour chaque soir au bercail genevois. Pour les pilotes dont on connaît la puissance syndicale, léquation comporte bien dautres inconnues.
Enfin, pour en revenir à cette sacro-sainte rentabilité, Swiss devra toujours faire face aux coûts dune « Legacy Airline ». Et au plan opérationnel, les Bombardier Cseries, plus économes et moins bruyants, ne
seront pas livrés avant 2015 et ne formeront pas forcément la flotte régionale de la base de Genève, contrairement à ce qui avait été annoncé en novembre. Un challenge aux multiples facettes que la nouvelle équipe en place devra relever, ce que chacun souhaite bien sûr.
Dominique Sudan

