Ménager la chèvre et le chou (Edition 2011-01)

Cédric Diserens à propos du modèle de commission de Kuoni

La vie des grands voyagistes ne doit pas être facile, surtout sur un marché aussi petit que celui de la Suisse. C’est d’autant plus complexe lorsque l’on tient compte des différences entre les marchés alémanique et romand. Kuoni montre cependant qu’il est possible d’aller de l’avant en tenant compte du passé et du futur. 

Le passé, c’est le modèle de distribution «à l’ancienne», via les revendeurs. Il est quelque part rassurant de voir qu’une entreprise de la taille de Kuoni dispose toujours de succursales de vente, même si dans certains cas, une redondance paraît inévitable à plus ou moins brève échéance. Le futur, ce sont les nouveaux flagship stores qui ont ouvert à Genève et Lausanne. La Suisse romande peut donc aussi faire l’objet de terrain d’essai pour de nouvelles formules.

La distribution via les succursales ou les agences indépendantes fait encore l’objet aujourd’hui d’un modèle de commission. Celui-ci a été adapté au marché romand, ce qui montre que Kuoni tient encore compte de la différence du bassin de population et d’une certaine réalité du marché. Toutefois, il n’est pas interdit de s’interroger sur la pertinence d’un tel morcèlement des catégories. Six types d’agence, une différence de commission de base de deux virgule cinq pour-cent entre cinq d’entre-elles… Est-ce bien nécessaire?

Le concept de la succursale est en passe de changer avec les flagship stores. Bien qu’il ne s’agisse pour le moment que d’une phase de test, la démarche est intéressante. Repositionnement de l’agent qui n’est plus caché derrière son bureau et son écran, mise en place d’un outil tel que la «boussole des voyages»… Les agents vont pouvoir relever un nouveau défi et se former à une technique de vente désormais différente. Reste une inconnue dans ce système: le client est-il prêt? Réponse dans quelques mois probablement.

Kuoni compte également se montrer davantage aux côtés de ses partenaires de la distribution. Anne Divorne fait déjà un grand travail sur le terrain, mais Eddy Gerber admet avoir l’intention de rendre visite personnellement une à deux fois dans l’année aux meilleurs vendeurs. Même si la démarche paraîtra peut-être anecdotique à certains, on ne peut que louer l’intention. Dans un monde où les moyens de communications se développent sans cesse, il est bon de ne pas oublier le contact humain.

Cette année sera donc intéressante à plus d’un titre. D’une part, Kuoni ne cesse de s’agrandir à l’international au travers d’acquisitions. D’autre part, au niveau national, l’entreprise cherche différentes options pour offrir un produit novateur, sans pour autant renier la voie traditionnelle.