Modernisation de la distribution des CFF (Edition 2014-21)

Le train victime d’une certaine lourdeur dans le B2B

Lorsque l’on considère les choses avec un peu de recul, la vente indirecte des billets de trains semble appartenir à une autre époque. L’envoi du billet par la poste semble nous renvoyer à l’âge de pierre. Les CFF ont toujours reconnu ce décalage. Pourtant, la mise en place d’une alternative dans le secteur B2B prend un certain temps, pour ne pas dire un temps certain. D’autant plus que du côté de la vente directe (B2C), l’entrée dans le monde numérique s’est déjà faite depuis pas mal de temps avec des solutions mobiles et en ligne efficaces.

Cette question de priorités est compréhensible du point de vue des CFF. Depuis la suppression de la commission en 2006 pour les billets nationaux, la vente via les agences de voyages a perdu beaucoup de terrain. Sur la plupart des lignes internationales, le travail des agences est en revanche toujours rémunéré. Et l’arrivée du «CFF Partner Service» permet aux agences de voyages de participer de manière efficace à l’essor de ce marché.

Les faits sont bien connus: pour un voyage allant jusqu’à 4 heures, le train reste un sérieux concurrent pour l’avion ou même la voiture. Que ce soit du point de vue de la sécurité, de l’efficacité et de l’écologie, mais également en termes de productivité de l’utilisateur et de prix. L’ouverture de nouvelles lignes et l’achat de nouveau matériel permet d’être encore plus attractif en termes de temps et de confort. Mais on trouve aussi de bons arguments pour la vente active de billets de trains internationaux en agence. Les grands objectifs auxquels les principales compagnies ferroviaires européennes aspirent avec le projet Railteam, ne se réalisent pas obligatoirement sur les rails.

L’harmonisation des systèmes informatiques et le développement d’un standard de programme unique pour la réservation et l’émission – une sorte de GDS propre aux trains –, mais également l’uniformisation des standards de service et de qualité, ou l’harmonisation des horaires, des tarifs et des systèmes de bonus sont autant de défis que doivent relever ces compagnies ferroviaires. En regard, l’évolution des CFF avec leur «Partner Service» n’est peut-être qu’un petit pas, mais au niveau na-tional, c’est un pas de géant.

Cédric Diserens