Lorsque lon considère les choses avec un peu de recul, la vente indirecte des billets de trains semble appartenir à une autre époque. Lenvoi du billet par la poste semble nous renvoyer à lâge de pierre. Les CFF ont toujours reconnu ce décalage. Pourtant, la mise en place dune alternative dans le secteur B2B prend un certain temps, pour ne pas dire un temps certain. Dautant plus que du côté de la vente directe (B2C), lentrée dans le monde numérique sest déjà faite depuis pas mal de temps avec des solutions mobiles et en ligne efficaces.
Cette question de priorités est compréhensible du point de vue des CFF. Depuis la suppression de la commission en 2006 pour les billets nationaux, la vente via les agences de voyages a perdu beaucoup de terrain. Sur la plupart des lignes internationales, le travail des agences est en revanche toujours rémunéré. Et larrivée du «CFF Partner Service» permet aux agences de voyages de participer de manière efficace à lessor de ce marché.
Les faits sont bien connus: pour un voyage allant jusquà 4 heures, le train reste un sérieux concurrent pour lavion ou même la voiture. Que ce soit du point de vue de la sécurité, de lefficacité et de lécologie, mais également en termes de productivité de lutilisateur et de prix. Louverture de nouvelles lignes et lachat de nouveau matériel permet dêtre encore plus attractif en termes de temps et de confort. Mais on trouve aussi de bons arguments pour la vente active de billets de trains internationaux en agence. Les grands objectifs auxquels les principales compagnies ferroviaires européennes aspirent avec le projet Railteam, ne se réalisent pas obligatoirement sur les rails.
Lharmonisation des systèmes informatiques et le développement dun standard de programme unique pour la réservation et lémission une sorte de GDS propre aux trains , mais également luniformisation des standards de service et de qualité, ou lharmonisation des horaires, des tarifs et des systèmes de bonus sont autant de défis que doivent relever ces compagnies ferroviaires. En regard, lévolution des CFF avec leur «Partner Service» nest peut-être quun petit pas, mais au niveau na-tional, cest un pas de géant.
Cédric Diserens

