Nous ne réécrirons pas lHistoire et la discussion autour de la légiti-mité de la surcharge carburant est loin dêtre terminée. «Opaque», «vicieuse», cette taxe qui nen nest pas une ne fait toujours pas lunanimité et peine de plus en plus à convaincre. Ce qui est intéressant ici, cest quune petite nouvelle cache peut-être un grand malaise qui semble dépasser bien des frontières. A tel point quon la nomme «International», en anglais dans le texte.
Même si elle nest pas le produit de Swiss la compagnie ne fait que saligner sur ses partenaires des USA , elle soulève cependant plusieurs questions, dont beaucoup restent sans réponse. Tout dabord, pourquoi «International»? La surcharge carburant est censée couvrir lachat de celui-ci. Mais elle nest pas perçue pour les vols -domestiques. Si cela peut se comprendre dans un pays vaste comme les USA, en Suisse, il est plutôt surprenant de constater quun vol -GenèveZurich, qui nécessite du carburant, ne donne pas lieu à une «Fuel Surcharge».
Ensuite vient la question de labandon du nom de «Fuel». Si cette surcharge est liée au carburant, pourquoi justement opter pour un terme plus générique qui na, à prime abord, aucun sens? Aux USA, la décision trouve plusieurs explications. Dune part, le trafic domestique est important. Dès lors, une différenciation entre les coûts dun trajet interne et dun vol avec un ravitaillement à létranger est compréhensible. Mais si lon tient compte de la consigne émise par le Department of Transportation (DOT) publiée en février dernier, alors la raison est différente.
Dans un souci de protection des passagers contre les abus, le DOT a demandé à ce que la «Fuel Surcharge» puisse être estimée en fonction du prix du fuel. Ainsi, pour un vol donné, il faudrait que lon puisse plus ou moins vérifier si la surcharge est juste ou si au contraire elle est trop élevée. Théoriquement bonne, lidée se révèle plus complexe pratiquement. A tel point que certaines compagnies ont commencé à parler dune «International Surcharge». En découle un tour de passe-passe qui voit lemballage changer mais le produit rester.
Au final, ce simple changement de terme ressemble plus à de la poussière que lon cherche à cacher sous le tapis quà une véritable amélioration avec pour conséquence un fonctionnement optimisé.

