Ne m’appelez plus surcharge carburant (Edition 2012-29)

Swiss, de la Fuel à l’International Surcharge

Nous ne réécrirons pas l’Histoire et la discussion autour de la légiti-mité de la surcharge carburant est loin d’être terminée. «Opaque», «vicieuse», cette taxe qui n’en n’est pas une ne fait toujours pas l’unanimité et peine de plus en plus à convaincre. Ce qui est intéressant ici, c’est qu’une petite nouvelle cache peut-être un grand malaise qui semble dépasser bien des frontières. A tel point qu’on la nomme «International», en anglais dans le texte.

Même si elle n’est pas le produit de Swiss – la compagnie ne fait que s’aligner sur ses partenaires des USA –, elle soulève cependant plusieurs questions, dont beaucoup restent sans réponse. Tout d’abord, pourquoi «International»? La surcharge carburant est censée couvrir l’achat de celui-ci. Mais elle n’est pas perçue pour les vols -domestiques. Si cela peut se comprendre dans un pays vaste comme les USA, en Suisse, il est plutôt surprenant de constater qu’un vol -Genève–Zurich, qui nécessite du carburant, ne donne pas lieu à une «Fuel Surcharge».

Ensuite vient la question de l’abandon du nom de «Fuel». Si cette surcharge est liée au carburant, pourquoi justement opter pour un terme plus générique qui n’a, à prime abord, aucun sens? Aux USA, la décision trouve plusieurs explications. D’une part, le trafic domestique est important. Dès lors, une différenciation entre les coûts d’un trajet interne et d’un vol avec un ravitaillement à l’étranger est compréhensible. Mais si l’on tient compte de la consigne émise par le Department of Transportation (DOT) publiée en février dernier, alors la raison est différente.

Dans un souci de protection des passagers contre les abus, le DOT a demandé à ce que la «Fuel Surcharge» puisse être estimée en fonction du prix du fuel. Ainsi, pour un vol donné, il faudrait que l’on puisse plus ou moins vérifier si la surcharge est juste ou si au contraire elle est trop élevée. Théoriquement bonne, l’idée se révèle plus complexe pratiquement. A tel point que certaines compagnies ont commencé à parler d’une «International Surcharge». En découle un tour de passe-passe qui voit l’emballage changer… mais le produit rester.

Au final, ce simple changement de terme ressemble plus à de la poussière que l’on cherche à cacher sous le tapis qu’à une véritable amélioration avec pour conséquence un fonctionnement optimisé.

Cédric Diserens