Après des années de restructuration et une incroyable valse de CEOs Thomas Stirnimann, Roberto Luna, Stefan Leser, Leif Vase Larsen et Thomas Goosmann ont tenu les rênes de lentreprise en dix ans Kuoni semble avoir retrouvé la stabilité lui permettant duvrer enfin dans la continuité. Gossmann éconduit, la nomination de Marcel Bürgin nest nullement étrangère à cette impression de retour aux sources: en Suisse, Kuoni a impérativement besoin dun patron maîtrisant la distribution comme le Touroperating et comprenant les spécificités helvétiques. Ce nétait pas le cas de Larsen ni de Goosmann. Si de nombreux chantiers avaient été ouverts avant sa nomina-tion, Marcel Bürgin tient absolument à accélérer la prise de décisions en responsabilisant sa garde rapprochée comme lensemble des collaborateurs. Après avoir passé plus de vingt-cinq ans dans la maison, le nouveau CEO évolue en terrain familier: à linterne comme dans le réseau, il est connu pour maîtriser les dossiers, ce qui ne fut pas forcément le cas de tous ses prédécesseurs.
A lécoute du marché, le nouveau patron fait aussi confiance à son état-major: les responsables de plusieurs filiales spécialisées souhaitaient depuis un certain temps renforcer la présence physique de lentreprise en Suisse romande; ils ont été entendus et quatre dentre eux seront réunis sous un même toit à Lausanne dici à la fin de lannée. Dans un premier temps, les quatre produits connaissant une croissance continue en Suisse romande sont concernés. Ce faisant, Kuoni réunit ses forces pour mieux attaquer et coller au marché francophone, qui sest toujours distingué par une demande individuelle et sur mesure. Si lon y ajoute le duo Frantour/Railtour solidement établi à Genève, Kuoni Suisse comptera bientôt six marques ou produits disposant dune antenne en Suisse romande et de collaborateurs dédiés.
Longtemps freinée à linterne, cette nouvelle approche dynamique tient enfin compte du poids de la Suisse romande en termes de volume daffaires: entre un quart et un tiers du résultat de Kuoni Suisse (733 millions de francs lan dernier) est généré par les succursales et les agences romandes, une réalité chiffrée souvent ignorée ces dernières années. Ce faisant, Kuoni tient enfin compte des différences structurelles évidentes du marché suisse.

