Nouveaux tarifs aériens du groupe Lufthansa (Edition 2015-17)

Qui trop embrasse finit tôt ou tard par mal étreindre

On ne peut pas reprocher la recherche de solutions, quel que soit le domaine. Car au final, c’est de cela qu’il s’agit. En changeant (à nouveau) son système tarifaire, le groupe Lufthansa cherche des solutions pour renouer avec la rentabilité et, si possible, survivre face à une concurrence sur le marché européen. L’Europe est grande, mais son ciel n’a pas de place pour tout le monde. En témoignent les nombreuses faillites qui s’y sont déjà produites.

En revanche, il est un risque dont on peu se demander s’il a été pris en compte. En jouant sur plusieurs tableaux, à savoir compagnie à bas prix d’un côté, et compagnie de ligne «avec service» de l’autre, Swiss et ses consœurs du groupe Lufthansa prennent un certain risque. En effet, de la manière dont les nouveaux tarifs sont présentés, il règne l’impression d’un remplissage de l’appareil «à tout prix». La communication précise que les options tarifaires seront disponibles jusqu’au dernier siège.

A jouer ce jeu d’un équilibriste entre compagnie à bas coût et compagnie à service ajouté, on risque d’une part de dévaloriser le produit en pénalisant le client prêt à mettre le prix – même si ce dernier se fait peut-être un peu plus rare –, et d’autre part d’arriver à la situation où le client au bénéfice d’un tarif flexible se retrouve dans l’incapacité d’en bénéficier, le vol désiré étant complet… en raison d’une forte demande de tarifs «light». Comment ménager à la fois le client qui privilégie le prix et celui qui privilégie le service?

Sans compter que ce choix ne change pas vraiment la donne. D’un système de multiples sous-classes on passe à un autre système… avec différentes sous-classes. Non seulement le modèle n’est pas réinventé, mais il ne suit que ce qui se fait déjà. En voulant conserver un peu des deux mondes, les compagnies aériennes ne font qu’obscurcir un peu plus la donne et alourdissent ainsi le travail – non commissionné – des agents de voyages. Avec au final pour risque que clients comme agents se tournent vers d’autres options.

Cédric Diserens