Nouvelle réglementation en Afrique du Sud (Edition 2014-25)

Une bonne intention qui pourrait coûter cher

La motivation qui se cache derrière la nouvelle réglementation d’immigration est des plus louables. La lutte contre le trafic d’enfants est un thème important et tout ce qui pourra le freiner doit être soutenu. Cependant, un malencontreux hasard veut que le pays qui se décide pour de telles mesures est justement l’une des destinations d’Afrique les plus accessibles pour les familles. Dès lors, il sera important de bien informer les clients et d’éviter toute déconvenue.

Car c’est là que le bât blesse. La destination connaît une progression touristique soutenue. Mais si l’entrée dans le pays se trouve «compliquée» par une réglementation plus stricte, le tourisme pourrait au final en pâtir. Certains n’hésitent pas à proclamer que cette nouvelle réglementation représenterait un risque de perte annuelle de près de 7 milliards de rands (un peu plus de 584 millions de francs). La destination sera la première au monde à exiger un certificat de naissance en plus du passeport pour les enfants de moins de 18 ans, quand bien même ils voyagent en compagnie de leurs parents.

L’autre problème, c’est la manière dont l’information a été «publiée». Officiellement, peu d’informations sont parues. La mesure, décidée autour du 26 mai dernier, devait entrer en vigueur au 1er juillet. Un délai peu réaliste pour un tel changement. Le report de l’entrée en vigueur au 1er octobre – soit après les vacances scolaires d’été – montre bien que la première échéance était probablement trop ambitieuse. Restent également beaucoup d’éléments qui doivent être clarifiés. Pour certains, la mesure s’appliquera également aux voyageurs qui ne font que transiter vers d’autres pays d’Afrique australe.

Mais on devrait aussi voir prochainement les compagnies aériennes opérant à destination de l’Afrique du Sud se charger également d’un contrôle avant l’embarquement. Celles-ci voudront, à n’en pas douter, éviter d’avoir à s’acquitter de lourdes amendes dans le cas où un passager se présenterait à la frontière sans les documents requis. Reste à attendre de voir si la destination ne va pas payer cher sa bonne e louable intention. 

Cédric Diserens