On parle budget mais on se disperse (Edition 2011-35)

Dominique Sudan à propos du TTW et des multiples roadshows

Le marché suisse des voyages n’est guère facile à cerner pour qui ne le vit pas de l’intérieur: il est contrasté et structurellement différent entre les trois zones géographiques du pays; son potentiel est restreint en termes de volume mais à haute valeur ajoutée pour la plupart des destinations au niveau des dépenses moyennes. S’y ajoutent d’évidentes différences de mentalités, de goûts et d’intérêts, qu’il s’agisse des destinations les plus courues ou des produits les mieux vendus. 

Autant d’éléments qui rendent impératif le maintien d’une vitrine professionnelle de la branche suisse des voyages et d’une plate-forme d’échanges tenant compte de l’ensemble de ces différences. Le TTW a été créé dans ce but: maintenir des relations fortes et étroites entre fournisseurs et distributeurs, donner aux pays étrangers l’occasion de se mettre en vitrine dans un cadre réellement professionnel. 

Afin de tenir compte de toutes les différences évoquées ci-dessus et de l’inéluctable évolution du marché, le TTW revoit sa copie cette année. Cette refonte s’inscrit aussi dans une pure logique commerciale, les budgets des exposants potentiels étant tous tirés vers le bas. Le renouveau s’imposait aussi en raison de la réduction régulière des effectifs qui a marqué la branche dans la dernière décennie. 

Là, on peut estimer que la baisse des effectifs sur dix ans se monte à environ un tiers. D’où l’importance de cibler ses actions B2B, pour l’ensemble des prestataires écoulant leurs produits par le réseau de distribution classique formé des agences de voyages.

Si au niveau romand l’engouement pour le TTW nouveau formule est exemplaire, trop d’entreprises préfèrent encore jouer la carte de roadshows parallèles, plus coûteux, moins bien ciblés, beaucoup trop locaux et sans vrai retour sur investissement. C’est là que le bât blesse: d’un côté on met en avant un problème de budget, de timing voire de public cible, de l’autre on joue la carte de rendez-vous annexes sans véritable fil conducteur. 

Bref, d’aucuns préfèrent se disperser au lieu de jouer une fois l’an la carte d’un rendez-vous national incontournable. Même les grands voisins n’agissent pas de la sorte et concentrent au contraire leurs forces pour leur salon annuel.  

Dans la plupart des domaines, l’union fait la force. Dans la branche des voyages, trop de francs-tireurs ne l’ont pas encore compris. Chapeau à toutes les autres entreprises qui veulent maintenir à la Suisse une visibilité internationale et jouent la carte du seul salon professionnel du pays.